facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo Linkedin logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro

Mission Altaïr, patrouille du Caribou

10-11-2025 à 15:28:36

Alors que, lors du week-end de la Toussaint, la Bourgogne a vu fourmiller des guides aînées et des routiers aux alentours de Paray-le-Monial et Vézelay, Actuailes vous téléporte en Bretagne avec la patrouille du Caribou pour visiter le village de Kernascléden, en Bretagne.  

Cette année, dans le cadre de la mission Altaïr proposée à toutes les patrouilles des Guides et Scouts d’Europe, nous avons décidé de relever un défi: progresser individuellement et en patrouille, tout en créant de beaux souvenirs. Pour cela, nous avons choisi de réaliser un reportage sur un lieu, un village ou une région que nous aurions découverte au cours de l’année. C’est ainsi qu’au beau milieu de notre camp de Pâques à Plouay (Morbihan), nous partîmes à vélo jusque dans le village de Kernascléden, à la recherche de découvertes passionnantes, historiques, et bretonnes… ! 

Arrivées dans le village, nous rencontrâmes l’abbé Etienne Portalis, établi dans la commune depuis un an. Il nous expliqua l’histoire de la célèbre église, puis nous la fit visiter tout en détaillant méticuleusement les belles fresques ornant le plafond de la chapelle. 

Le village 

Au cœur de la campagne morbihannaise, se trouve le village de Kernascléden, un petit bourg typiquement breton. 

Le nom de Kernascléden vient du breton ker: le village, et d’un mot aujourd’hui disparu. Pendant des siècles, Kernascléden ne fut qu’un hameau dépendant de la commune voisine de Saint-Caradec-Trégomel. Ce n’est qu’en 1955 qu’il devint officiellement une commune à part entière. 

Le village a longtemps été marqué par l’agriculture et l’élevage. Aujourd’hui encore, on peut y voir de nombreux champs cultivés, des praires et du bétail. Kernascléden est traversé par la vallée du Scorff, une rivière paisible qui serpente entre les arbres. Autour du village, on découvre de vieilles fermes, des croix en granit cachées dans les talus, et de nombreux sentiers perdus dans la forêt. 

Au fil du temps, les habitants de Kernascléden ont su préserver leur culture bretonne. On y parle parfois encore breton, on y danse lors des festoù-noz d’été, et les légendes de korrigans rôdent toujours dans les bois voisins. Le village accueille aussi régulièrement des événements culturels qui rassemblent les habitants et renforcent les liens entre générations. 

 

L’histoire de l’église 

Pour en comprendre les origines, il faut remonter jusqu’au XIVe siècle; ce n’était alors qu’un petit sanctuaire dédié à la Vierge Marie, perdu au milieu des champs et des forêts. Au fil du temps, de multiples pèlerinages s’y déroulèrent; c’est pourquoi, en 1420, le vicomte Alain VIII de Rohan, propriétaire des lieux, ordonna la construction de la chapelle, ainsi que celle d’un hôpital accueillant pèlerins et malades. Le chantier dura 44 ans, et fut entièrement financé par la riche famille de Rohan. Le bourg se construisit rapidement autour de cette chapelle et, après la Révolution française, de nombreuses tentatives de transformer la chapelle en paroisse survinrent, et ce fut finalement chose faite en 1908. Aujourd’hui, l’église est dédiée à l’Immaculée Conception. 

Retour sur les fresques 

Parmi les scènes les plus saisissantes, la plus impressionnante est la Danse macabre, peinte le long du mur sud du croisillon, et le bas du mur ouest. Cette représentation montre une procession de personnages de toutes conditions: pape, roi, chevalier, moine, paysan, tous reliés à des squelettes. L’œuvre illustre la mort, dans une société médiévale fortement marquée par les épidémies et la guerre. 

Les fresques présentent aussi des scènes bibliques détaillées, comme la Passion du Christ, le Jugement dernier, l’Enfer avec ses démons grimaçants, ou encore la vie des saints. Chaque figure est soigneusement dessinée, avec des couleurs vives, rouges, ocres, noirs. Les expressions des visages, les gestes des personnages, les vêtements sont finement décorés, et ont bien résisté au temps. 

Ces œuvres ont été réalisées à la détrempe, une technique consistant à appliquer les pigments sur un enduit sec. Elles avaient pour fonction d’éduquer les fidèles, en illustrant les dogmes chrétiens dans un langage visuel accessible, à une époque où peu de gens savaient lire. 

Merci à cette patrouille pour cette visite guidée de Kernascléden. 

«Rester immobile ne sert à rien. Il faut choisir entre progresser ou régresser. Allons donc de l’avant et le sourire aux lèvres.» 

Actuailes n°197 - 12 novembre 2025


1 vote


Imprimer