Au début du mois de novembre, chaque année, à l’hôpital on attend avec impatience… les nouveaux internes! Ces jeunes qui sont encore étudiants mais font tourner les services hospitaliers où ils se forment.
Je laisse à deux d’entre eux, Marie-Pia et Clotilde, vous présenter leur travail.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire des études de médecine?
Marie-Pia: J’ai pensé à la médecine dès la 6e, le fonctionnement du corps humain me fascinait! J’ai gardé cette idée au long de ma scolarité, et je crois que ce qui m’a toujours attirée, c’est la démarche diagnostique, qui permet, comme une enquête, de comprendre ce qui ne va pas pour le soigner.
Clotilde: Dans mes souvenirs j’ai toujours voulu être médecin, ma maman est médecin et j’avais une idée assez concrète de ce dont il s’agissait. J’étais attirée par l’attention aux personnes, pour soigner leur corps. Au lycée, j’ai essayé de réfléchir sérieusement à cette décision et je ne voyais aucun autre métier qui m’intéressait comme celui-là.
Quelle est la différence entre un externe et un interne?
M.-P.: Un externe est un étudiant en médecine entre la 4e et la 6e année d’études médicales. Il alterne les cours et les stages en CHU1, il apprend toute la partie théorique. Quand il a passé le concours de l’internat, en 6e année, il accède au troisième cycle des études médicales et travaille à l’hôpital comme interne. Il a encore quelques heures de cours et une thèse à préparer.
C.: L’externe travaille la moitié de son temps sur les livres pour préparer l’internat, l’apprentissage à l’hôpital est très progressif, il accomplit de petites tâches, il apprend à interroger des malades et à les examiner. Quand l’interne arrive à l’hôpital, il est considéré comme un médecin, il soigne des patients à plein temps et s’autonomise de plus en plus, même s’il reste supervisé au début par ses chefs. Il peut faire des prescriptions et participe activement à la vie du service.
Comment choisit-on de faire de la chirurgie, de la pédiatrie, de l’ophtalmologie?
M.-P.: En fonction du classement au concours de l’internat, on choisit la ville et la spécialité que l’on va faire. À la fin de l’internat, on présente un mémoire de DES (diplôme d’études spécialisées) qui permet de valider la spécialité, ainsi qu’une thèse (un travail de recherche). En pratique, le sujet peut être le même!
Combien de temps dure l’internat et comment se déroule-t-il? Est-ce qu’il y a des différences entre les internats?
C.: L’internat dure entre 4 et 6 ans selon les spécialités. On change de stage et de service tous les 6 mois et les exigences changent selon les spécialités: par exemple, en médecine générale, on peut aller en ville chez des médecins libéraux alors que, dans les autres spécialités, on est toujours à l’hôpital. Cela ressemble aussi au type de métier que l’on aura par la suite.
M.-P.: Il y a des différences de durée, de rythme, d’intensité: par exemple, l’internat de chirurgie peut durer jusqu’à 6 ans. Certains internats comportent beaucoup de gardes de nuit, en réanimation ou en médecine d’urgence, par exemple, et d’autres un plus grand volume horaire en fonction du nombre d’internes dans les services.
Quelle spécialité avez-vous choisie et pourquoi?
M.-P.: J’ai choisi la pédiatrie, pour beaucoup de raisons: je me sentais plus à l’aise dans le soin des enfants que des adultes, la relation à établir avec les parents m’intéressait aussi. J’étais très attirée par la diversité des modes d’exercices puisqu’en pédiatrie on peut travailler en ville ou à l’hôpital, faire différentes spécialités… donc c’est très varié! Cela me laisse aussi le choix de décider de ma façon d’exercer en fonction de mon état de vie.
C.: J’ai choisi la médecine d’urgence qui est une spécialité récente (avant, des médecins de différentes spécialités passaient un diplôme supplémentaire pour gérer les urgences). L’urgentiste travaille aux urgences et au SAMU. Je l’ai choisie parce que c’est un métier qui bouge, où l’on est toujours en action, il y a de l’adrénaline! C’est une spécialité transversale où l’on voit beaucoup de situations différentes et on touche à plusieurs domaines. On travaille en équipe dans des situations de tension et je trouve passionnant d’apprendre à gérer son stress, coordonner l’action des uns et des autres en donnant les consignes dans le bon ordre aux bonnes personnes.
Qu’est-ce que vous trouvez intéressant ou difficile en tant que jeunes internes?
C.: Ce qui est intéressant, c’est d’exercer le métier auquel o s’est tant préparé, prescrire enfin, gagner en compétence, être responsable même si on est supervisé et s’occuper des personnes de A à Z. Ce qui est difficile, c’est de se retrouver du jour au lendemain avec de grosses responsabilités, d’accumuler du stress, car nous savons que nos erreurs peuvent avoir de lourdes conséquences. Il faut s’intégrer rapidement dans une équipe, et l’hôpital ne va pas très bien en ce moment…
M.-P.: Ce qui est très intéressant, c’est d’apprendre sans cesse de nouvelles choses, mais cette fois-ci au contact des patients. Notre marge de progression est énorme et nous confirmons ce que nous savons. Ce que je trouve difficile, c’est de se faire confiance et de prendre des décisions seul malgré la somme de connaissances acquises: mais plus ça avance, plus on apprend à le faire et on est heureux des décisions prises!
Bon courage à toutes les deux et merci à tous les internes pour leur travail au service des malades!
Dr Anne-Sophie Biclet
Actuailes n°197 - 12 novembre 2025
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