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Foot, rugby… Une défaite de l’équipe retourne le cerveau…?

24-11-2025 à 10:25:00

Vous avez tous en tête un proche, une connaissance ou des violences retracées par les médias à l’issue de matchs entre supporters? Pour un match? Comment est-il possible de perdre à ce point le contrôle de soi?  

Une équipe de radiologues chiliens vient de mettre en évidence, par la publication d’une étude, les zones du cerveau impliquées pour les supporters pouvant expliquer certaines réactions excessives… 

Regardons l’étude de plus près 

Ils ont ainsi analysé 60 supporters de foot de 25 à 45 ans, en bonne santé, leur ont fait remplir un questionnaire testant le degré de fanatisme pour leur équipe. 

Puis ils ont analysé grâce à l’IRM fonctionnelle la réaction de leurs cerveaux devant des extraits de buts entraînant la victoire ou la défaite de leur équipe. Pour le contrôle de l’étude, ils ont également fait visionner des images de buts entre des équipes totalement extérieures aux supporters. 

Résultats 

Les images montrent que les zones du cerveau activées sont très différentes selon que l’équipe supportée gagne ou perd. Ces zones sont très nettement activées quand il s’agit de l’équipe supportée, contrairement au visionnage de buts d’équipes extérieures. Les chercheurs notent également que l’activité cérébrale est nettement plus importante chez les supporters les plus fervents, en rapport avec le questionnaire initial pour tester leur fanatisme.

Lors d’une victoire, c’est le circuit de la récompense (le même que dans les conduites addictives comme le tabac, les écrans ou l’alcool, par exemple) qui se suractive. Celui qui sécrète notamment la dopamine, «molécule du bien-être», et interagit entre différentes zones, comme la substance noire, le cortex préfrontal, le noyau accumbens1 et l’hippocampe (responsable entre autres de la mémoire…). 

En revanche, lors d’une défaite, c’est le cortex cingulaire antérieur dorsal (qui en théorie joue un rôle important dans la surveillance des conflits et le contrôle émotionnel) dont l’activité diminue. Cela peut expliquer pourquoi des personnes, rationnelles par ailleurs, peuvent paraître bien différentes lors d’un match…. Les chercheurs soulignent qu’il s’agit sans doute du même fonctionnement dans les fanatismes religieux et politiques.  

La bonne nouvelle, c’est que notre cerveau est malléable et en perpétuelle construction, ce que l’on appelle la plasticité cérébrale. Grâce à la frustration, l’environnement familial et le travail de maitrise de soi, on peut éviter de laisser ces mécanismes s’installer. Comme en forêt, il est toujours plus facile d’emprunter un chemin déjà tracé; parfois, en tracer un nouveau peut, certes, demander un effort, mais quelle récompense ensuite lorsque l’on découvre de nouvelles choses ou un chemin plus court, par exemple? À transmettre à tous les supporters! C’est possible! 

Le savais tu? 

  • L’IRM (imagerie par résonnance magnétique) est une technique d’imagerie qui utilise les champs magnétiques et les ondes pour créer des images détaillées de ce qu’il y a dans le corps.  

  • L’IRM fonctionnelle s’appuie sur les variations de flux sanguin à un temps donné. On peut ainsi étudier quelle partie du cerveau travaille selon telle ou telle stimulation.  

Docteur Emmanuelle Fernex

Actuailes n°198 - 26 novembre 2025


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