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80 ans de la sécu : quel bilan ?

24-11-2025 à 11:01:02

Le 4 octobre dernier, notre Sécurité sociale fêtait ses 80 ans. Retour sur un système unique au monde qui peine aujourd’hui à trouver un second souffle. 

Chaque année, à l’automne, le Parlement, en dialogue avec le gouvernement, vote pour deux budgets majeurs: celui de l’État, et celui de la Sécurité sociale. Un budget définit une limite d’argent à verser («dépenses») pour l’année à venir, et les moyens de rembourser ces dépenses («recettes»). L’élaboration du budget de la Sécurité sociale pour 2026 est particulièrement clivant cette année, dans un contexte où l’État entend faire des économies sur le budget alloué à la «Sécu».  

Mais d’abord, la «Sécu», c’est quoi ? 

Un grand espoir à la Libération  

Notre Sécurité sociale actuelle est née dès 1944, à la Libération. Le Conseil national de la Résistance (le CNR, qui assure la transition entre l’Occupation et l’avènement de la IVe République) plaide pour la mise en place d’un «plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail». 

Si l’idée d’une assurance sociale nationale n’est pas neuve, celle-ci est néanmoins unique par son ambition: protéger complètement chaque individu, dans tous les aspects de sa vie, de sa naissance à sa mort. 

Un financement solidaire universel 

Le principe de la Sécurité sociale en France est le suivant: chacun paie à l’avance pour profiter au besoin d’une prestation sociale. Plus concrètement, un montant est retenu sur le salaire mensuel de chacun, et va alimenter les caisses de la Sécurité sociale: on parle de cotisation salariale (ceux qui travaillent financent ceux qui ne le peuvent pas). Cet argent est ensuite réparti sur les différentes branches qui composent la Sécu: maladie, retraite, accident du travail et famille. 

Aujourd’hui, ce système redistributif représente 60% du financement de la Sécurité sociale, complété par d’autres cotisations ajoutées avec le temps. En principe, il assure à tous un accès aux soins immédiat, égal, et quasiment gratuit. 

Un système à bout de souffle ? 

Mais ce système affiche – dès les années 1980 – des limites: les recettes ne parviennent plus à rembourser la totalité des dépenses. On parle du «trou de la Sécu», un trou qui s’élargit d’année en année, et l’État doit emprunter toujours davantage d’argent pour le combler. Une cause majeure de ces pertes systématiques est le vieillissement démographique: le nombre de retraités augmente plus rapidement que celui des actifs. Ainsi, il n’y a plus assez de travailleurs pour financer les retraites et les soins grandissants de ces personnes plus fragiles.  

En 2025, le déficit de la Sécurité sociale est estimé à 26 milliards d’euros. Pour 2026, le gouvernement espère le réduire à 17 milliards, ce qui implique probablement des dépenses moins généreuses et un accès plus cher aux soins. Reste à voir comment les décisions prises par le gouvernement et les parlementaires sauront conserver l’esprit d’égalité et de solidarité de notre «Sécu», qui a été une fierté pour la France, et doit le rester.  

Briac Saint Loubert Bié

Actuailes n°198 - 26 novembre 2025

 


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