La marque chinoise de vente par Internet Shein a installé son premier magasin à Paris, au BHV, soulevant de nombreuses questions.
Grand magasin parisien, le BHV (Bazar de l’Hôtel de Ville) a décidé d’accueillir Shein. Une polémique est née, soulevant des interrogations autour des produits vendus, leur prix et une concurrence déloyale.
Mode éphémère
La Chine et l’Asie rencontrent un franc succès sur le marché de l’habillement avec différents sites Internet. Ils s’appellent Shein, Wish, Temu ou encore AliExpress. Ils proposent des produits à des prix très bas, fabriqués en Asie et vendus essentiellement en Europe et en Amérique. Grâce à ses 10000 fournisseurs, Shein propose en moyenne 7220 nouveaux produits chaque jour.
Les critiques
La première critique vient du manque de contrôle des produits vendus. Ils sont certes moins chers, mais respectent rarement les normes de sécurité. Ils peuvent donc être nocifs pour leurs clients. Ainsi, 94% des produits de ces plateformes ne respecteraient pas les normes européennes, et 66% seraient jugés dangereux. Ceux envoyés directement de Chine dans de petits colis ne paieraient pas de droits de douane. Des produits interdits comme des armes peuvent y être achetés. Shein a d’ailleurs été condamnée plusieurs fois par la justice française. Il y aussi la question de l’environnement. Faire venir de Chine a un coût en termes de pollution.
Enfants de la mondialisation
La Chine et ses voisins asiatiques sont devenus l’usine du monde. Leurs productions inondent la planète avec des prix très bas qui ne doivent rien au hasard. Leurs employés sont généralement mal payés, travaillent beaucoup et il n’existe pas de normes contre la pollution ou sur la qualité des produits. Et les coûts de transport ont beaucoup baissé. Cela a entraîné de nombreuses fermetures d’usines et d’entreprises en France et en Amérique, qui subissaient une concurrence déloyale, car elles doivent pour leur part respecter de nombreuses règles. C’est pour cela que Donald Trump a augmenté les droits de douane aux USA.
Une question de fond
Plus fondamentalement, des entreprises comme Shein posent la question de la surconsommation. Les sociétés modernes ont associé la consommation effrénée au bonheur: «Plus je peux acheter, plus je suis heureux.» Et les ventes par Internet ont renforcé les pulsions d’achat avec la volonté du «tout, tout de suite». Cette voie a conduit nos sociétés dans une impasse, créant surtout des frustrations. La fermeture des magasins de centre-ville a réduit le lien social entre les gens, et les usines qui ont fermé ont créé du chômage. A-t-on vraiment besoin de 10 pantalons dans son armoire? Pourquoi jeter un habit qui a juste un petit trou, ou des chaussures qu’un cordonnier pourrait réparer?
Face à cette situation, Noël nous offre l’opportunité de la sobriété et du recentrage sur l’essentiel. Un cadeau simple, utile et fait maison fait souvent plus plaisir. Et l’acheter près de chez soi a plus de sens qu’en Chine sur un site Internet. Et cela permettra peut-être de se rappeler que la joie de Noël vient avant tout des retrouvailles en famille et de cette magnifique espérance née d’un petit enfant voyant le jour dans une mangeoire à Bethléem, entouré de bergers et de ses parents.
Julien Magne
Actuailes n°198 - 26 novembre 2025
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