Le débat est récemment reparti sur la place de l’enseignement catholique, qui doit répondre à de nombreuses attaques.
Alors qu’écoles publiques et privées devraient être partenaires au service de la réussite des enfants, le conflit a été relancé par les adversaires de l’enseignement catholique, qui n’entend pas se laisser faire.
Fonctionnement
Il existe en France trois types d’écoles. Les écoles publiques sont entièrement financées par l’État, et donc les impôts des Français. Elles scolarisent 10 millions d’élèves. Il y a ensuite les établissements sous contrat, essentiellement catholiques, qui scolarisent 2 millions d’enfants. Cela représente 13% des élèves du primaire et de la maternelle, et 21% des collégiens et lycéens. Ces écoles reçoivent de l’argent de l’État pour payer les professeurs. Et les collectivités locales prennent en charge les dépenses des autres personnels, comme les femmes de ménage, et les dépenses de fonctionnement. Comme le budget n’est pas totalement couvert, ces écoles sont payantes. Elles doivent suivre les mêmes programmes que le public, et leur caractère propre catholique leur est garanti. Il y a enfin les écoles hors contrat, totalement libres. Elles ne reçoivent aucune aide de l’État. Elles ne vivent que des dons et des frais payés par les parents. Elles sont en fort développement avec 130000 élèves et représentent 4,4% des établissements scolaires français.
Le débat
Les débats ont régulièrement été vifs, l’école catholique ayant de nombreux adversaires. Ils lui reprochent d’être élitiste, antirépublicaine ou tout simplement catholique. Et veulent donc que l’État cesse ses financements, interdise les temps de prière ou les activités religieuses, et exerce plus de contrôle. À l’inverse, l’école catholique répond qu’elle est l’expression d’une diversité garantie par la liberté d’expression et la liberté d’enseignement. Elle ajoute qu’en tant que service public elle doit être financée de manière équitable par les impôts que tous les Français paient. Elle précise d’ailleurs qu’une scolarité dans le public coûte deux fois plus cher aux contribuables que dans le privé. Enfin, de nombreuses communautés locales ne versent pas l’argent dû, certaines excluant les élèves du privé des bus scolaires. Et elle s’inquiète des baisses de budget à venir, qui vont l’obliger à augmenter les frais de scolarité, et de la volonté du ministre de l’Éducation d’interdire les temps de prière ou d’imposer des cours d’éducation sexuelle contraires à la morale catholique.
Les deux écoles
En 1984, Michel Sardou chantait Les deux écoles en pleine attaque du gouvernement socialiste contre l’école catholique. Il rappelait ainsi qu’il était dommage d’opposer ces deux types d’école. D’ailleurs, nombreux sont les élèves qui alternent entre public et privé, les parents restant les mieux à même de décider ce qui convient le mieux pour leurs enfants. Au vu de l’écroulement du niveau scolaire, ne faudrait-il pas mieux consacrer les énergies à autre chose, en s’inspirant de ce qui marche? Les mois à venir risquent pourtant d’être encore tendus.
Julien Magne
Actuailes n°198 - 26 novembre 2025
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