Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est récemment adressé aux maires de France pour les alerter sur la situation sécuritaire.
Alors que la guerre en Ukraine pourrait se terminer dans les mois à venir, sous l’impulsion de Donald Trump, le CEMA considère que la France devra faire face ces prochaines années à un regain de tension avec la Russie. Et se préparer à y répondre.
Le contexte
Depuis quelques années, le monde est devenu plus instable. Cela concerne toutes les régions: le Moyen-Orient, l’Afrique, et désormais l’Europe avec l’Ukraine. Certains chefs d’État ne privilégient plus forcément une négociation diplomatique quand ils ont un différend avec un autre pays, préférant la guerre. C’est la raison pour laquelle les dépenses d’armement ont fortement augmenté. Face à cette situation, la France fait face à la baisse drastique des budgets militaires depuis 30 ans. Nos armées doivent donc remonter en puissance pour s’adapter à ce nouveau contexte. D’autant plus que les États-Unis ont décidé de se concentrer sur l’Asie, et de confier la défense de l’Europe aux Européens. Nous ne pouvons donc plus compter de manière assurée sur leur formidable puissance militaire.
Le discours
Face aux maires, le CEMA a confié que les armées françaises devaient se préparer à un choc dur avec la Russie, qui est très mécontente de notre soutien à l’Ukraine. La Russie considère que nous sommes faibles, ce qui pourrait l’amener à nous tester. Elle le fait déjà dans le cadre d’une guerre hybride: sabotages, attaques informatiques et fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Et elle est entrée en économie de guerre, c’est-à-dire que ses usines d’armement produisent beaucoup d’obus, de chars, de drones et de munitions. Ce qui n’est pas notre cas. Il faut donc être plus dissuasif, avec une armée plus robuste, selon le vieil adage: «Si vis pacem, para bellum»ou: «Si tu veux la paix, prépare la guerre.» Et le CEMA a demandé que notre armée puisse s’appuyer sur une population forte, prête à faire des sacrifices.
Que faire et que penser?
Certains ont jugé que le CEMA n’aurait pas dû dire cela et qu’il était alarmiste. Mais on peut leur opposer qu’il dispose d’excellents renseignements sur la Russie et les autres dangers qui nous menacent. De plus, il n’a fait que rappeler des évidences, même si certaines sont dérangeantes. Il faudra en effet consacrer plus d’argent à nos dépenses militaires, au détriment d’autres budgets, comme les dépenses sociales. Et nous devrons peut-être rétablir une forme de service militaire pour augmenter nos effectifs. Enfin, c’est toute la nation – et pas uniquement les militaires – qui devra se montrer forte. Et notre pays a toujours su être à la hauteur des enjeux dans son histoire. Il dispose d’une très belle armée, certes trop petite, d’entreprises d’armement performantes, comme Dassault pour les avions ou MBDA pour les missiles, et d’une population patriote qui a toujours choisi de vivre libre. Même s’il faudra consentir des efforts, nous devons donc être optimistes. N’est-ce pas d’ailleurs la meilleure réponse au danger que cette foi dans notre victoire?
Julien Magne
Actuailes n°198 - 26 novembre 2025
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