Ce 9 novembre, le Royaume-Uni a vu ses monuments aux morts fleurir de multiples bouquets de poppies (coquelicots), déposés au cours de cérémonie officielles en l’honneur des morts pour la patrie.
Le poppy, comme le bleuet de France est l’une des premières fleurs qui pousse sur le champ de bataille, malgré les bombardements, marquant la prévalence de la vie sur la mort.
En France, nous avons l’habitude de commémorer l’armistice de 1918, et par extension la mémoire des morts pour la France, le 11 novembre à 11 heures, mais au Royaume-Uni, cela se fait le dimanche le plus proche.
Programme du Remembrance Sunday
Les délégations de militaires, de cadets et de scouts quand il y en a, ainsi que les officiels, se retrouvent au town hall (mairie) pour la revue des troupes passée par un militaire désigné pour l’occasion. Ensuite, l’ensemble se déplace vers le monument aux morts pour une cérémonie de dépôt de gerbes agrémentée de musique militaire. La cérémonie est alors suivie d’un service religieux anglican qui alterne lectures de la Bible, cantiques et discours. Le groupe des Scouts d’Europe de Londres a eu cette année l’occasion de participer aux cérémonies au monument de Kensington-Chelsea et à l’église St Mary Abbots Church.
Surtout un esprit de soutien
Ce jour-là particulièrement, mais également depuis la mi-octobre, la quasi-majorité de la population britannique arbore un poppy à la boutonnière, les taxis sur leur pare-chocs, les bus sur leur carrosserie. Le soutien aux vétérans et aux militaires est une attitude très ancrée dans l’esprit anglais et il n’est pas rare d’entendre des gens dire aux militaires: «Thank you for your service» (merci pour votre engagement). Certaines personnes portent même le poppy tout au long de l’année pour afficher ce soutien!
Chaque année donc, la Royal British Legion anime une grande campagne de vente de poppies sous différentes formes: broche ou fleur en papier cartonné à porter à la boutonnière, bracelets, stylos, l’ensemble des dons permettant d’apporter une aide aux vétérans des armées et à leurs familles. Des stands sont établis dans quasiment toutes les stations du métro londonien, dans les gares, dans les magasins, les lieux officiels. Dans les rues de Londres, on reconnaît facilement les pensionnaires du Royal Hospital Chelsea, avec leur longue tunique rouge et leur tricorne noir qui attirent l’attention des passants pour encourager à porter un poppy. Cet hôpital, qui correspond peu ou prou à l’hôtel des Invalides en France, accueille les vétérans des armées britanniques.
Il y a un véritable engouement populaire pour ce moment de l’année, et le roi lui-même a présidé une cérémonie au Cenotaph, principal et emblématique monument aux morts de Londres, établi dans Whitehall après la Première Guerre mondiale. Il est à mi-chemin entre Big Ben et Trafalgar Square.
Le savais-tu?
À l’origine du poppy, une femme française, Anna Guérin, a lancé cette initiative en 1915 aux États-Unis, suite à son passage sur les champs de bataille et la vision de la souffrance des soldats et de leurs familles. Elle décide alors de vendre aux États-Unis les poppies fabriqués par les veuves et orphelins français pour subvenir à leurs besoins. Son action s’avère un véritable succès et le poppy est adopté par tous les pays du Commonwealth.
Actuailes n°198 - 26 novembre 2025
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