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La cohabitation à la campagne

07-12-2025 à 15:19:00

Un agriculteur a récemment gagné son procès contre une voisine qui lui reprochait de nourrir ses vaches trop tôt le matin. 

Assez incroyable, ce fait divers illustre la difficile cohabitation entre certains habitants, venus des villes, et les habitants des territoires ruraux, souvent agriculteurs. 

Les néo-ruraux 

De nombreux Français ont quitté les grandes villes pour la campagne. Ils fuient le stress, l’insécurité, les transports en commun bondés ou encore la pollution. Et profitent de logements beaucoup moins chers et abondants, les campagnes ayant perdu beaucoup d’habitants depuis 50 ans. La période de la covid a accéléré le mouvement, avec l’essor du télétravail.  

Ruraux et citadins... 

Mais ces néo-ruraux peinent parfois à trouver leur place. Plus individualistes et moins familiers des coutumes locales, certains ne supportent pas les contraintes et n’hésitent pas à porter plainte. Ils s’insurgent contre le bruit des cloches de l’église, qui rythment pourtant la vie du village depuis des siècles, pestent contre le bruit et les odeurs des vaches, ou encore contre le réveil du coq. Plus récemment, en Corse, une habitante venant d’arriver dans un village a demandé l’enlèvement d’un calvaire, pourtant central dans l’identité corse. À l’inverse des villes modernes, les campagnes restent marquées par le travail agricole, le rythme des saisons, l’entraide, et les traditions locales et régionales. 

Pas facile de vivre ensemble..

Ce phénomène est révélateur d’une France où les habitants peinent de plus en plus à vivre ensemble. La perte de notre identité, la montée de l’individualisme, le culte des droits au détriment des devoirs et l’éclatement de nombreuses familles fragilisent le lien entre personnes. Cependant, si certains néo-ruraux peinent à trouver leur place à la campagne, l’immense majorité s’y intègre parfaitement, s’y réfugiant pour trouver calme, joie, amitié et retour au réel. Alors qu’elles sont bien souvent méprisées et abandonnées des pouvoirs publics, les campagnes, en conservant leurs traditions et leur solidarité, nous offrent une belle leçon de vivre-ensemble et de retour au réel. À nous d’en profiter.  

Abattage de troupeaux 

Tout vient d’une maladie contagieuse qui touche les vaches. Pour éviter que l’épidémie ne se propage, les pouvoirs publics procèdent à l’abattage de tout le troupeau, dès qu’une vache est malade. Mais l’abattage d’un troupeau est un drame humain pour un agriculteur. Il perd en quelques minutes le fruit de toute une vie. Les paysans demandent que seules les bêtes malades soient abattues, car les troupeaux sont confinés en hiver et que l’insecte qui transmet la maladie a disparu. Des gendarmes ont dû protéger les services vétérinaires qui procédaient à l’abattage d’un troupeau dans le Doubs. Face à la colère de plusieurs centaines d’agriculteurs venus soutenir leur confrère, ils ont fait usage de la force, amplifiant le ressentiment d’un monde rural qui travaille dur et vit pourtant misérablement.  

Julien Magne

Actuailes n°199 - 10 décembre 2025


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