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USA vs Venezuela ou Groenland… Que dit l’Europe?

12-01-2026 à 14:26:00

Le 3 janvier dernier, au terme d’une opération militaire spectaculaire, les États-Unis ont capturé le président du Venezuela, Nicolas Maduro, puis annoncé l’exploitation de ses réserves pétrolières. Le lendemain, Donald Trump manifestait son intention de mettre la main sur le Groenland.   

La sidération. C’est peut-être ce qui a caractérisé les premières réactions européennes après cette démonstration de force. Le président Macron a tout d’abord estimé que le peuple vénézuélien ne pouvait que se réjouir de la fin de la dictature; le chancelier allemand a quant à lui rappelé l’implication du Venezuela dans le trafic de drogue; Giorgia Meloni a pour sa part défendu une «intervention défensive et légitime». Mais, après quelques heures, les dirigeants européens ont voulu rattraper leur premier mouvement et ont rappelé leur soutien indéfectible au droit international. 

Qu’est-ce que le droit international?  

Il s’agit d’un ensemble de règles et de traités que les États acceptent de suivre pour régir leurs relations mutuelles ou avec des organisations internationales. Il est construit principalement sur la situation née après la Seconde Guerre mondiale. 

Après six années de combats effroyables, les vainqueurs avaient souhaité limiter toute probabilité de nouvelle guerre et avaient édicté quelques principes: la souveraineté des États, la non-ingérence, l’intangibilité des frontières, la résolution pacifique des différends et le respect des traités… Ils ont établi un lieu de dialogue et une institution de surveillance et d’intervention: l’Organisation des Nations unies (ONU). 

La réalité 

Les conflits se sont multipliés, sans reprendre toutefois l’ampleur de la Seconde Guerre mondiale, la crainte d’un affrontement nucléaire retenant les deux blocs, occidentaux et communistes, dans une guerre froide. Mais l’ONU a tout de même déployé près de 70 opérations de maintien de la paix à travers le monde. 

Elle s’est vue peu à peu bafouée. L’OTAN a bombardé la Serbie sans son accord, en 1999. Américains et Anglais ont envahi l’Irak en 2003 contre l’avis de l’ONU. Les Occidentaux ont dévoyé l’autorisation de l’ONU et bombardé la Lybie… Si bien qu’en 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’appel à l’ONU et au respect du droit international ne semblait plus crédible. Avec l’intervention au Venezuela, on se rend compte qu’il n’existe plus. 

Le monde – et les Occidentaux en particulier – semble réaliser douloureusement que la nature humaine n’a pas changé et que la loi du plus fort dicte seule les relations, y compris entre États. On appelle cela le retour de la puissance, des empires ou encore de l’ordre westphalien, en référence au traité de 1648 qui a consacré un équilibre entre les États-nations européens.  

Cela signifie que seuls les États ayant à leur disposition d’importants atouts bien défendus (ressources, armées, situation géographique stratégique…) pourront tirer leur épingle du jeu à l’avenir. À moins que, comme au Moyen Âge, l’Église ne retrouve son autorité et sache imposer à nouveau la Paix de Dieu. Avant cela, une grande œuvre missionnaire sera nécessaire.  

Alexis

Actuailes n°200 - 14 janvier 2026


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