nquiets pour leur avenir, les agriculteurs ont multiplié les actions pour alerter sur leur risque de disparition. Et leur colère risque de ne pas retomber.
Le 8 janvier, des dizaines de tracteurs sont entrés dans Paris en contournant les barrages de gendarmes. Dans le même temps, d’autres agriculteurs bloquaient des autoroutes avec des bottes de foin. Mais quelles sont les raisons de cette colère?
La peur de disparaître
Les agriculteurs sont tout d’abord nombreux à critiquer les abattages massifs de vaches atteintes de la maladie appelée dermatose noduleuse contagieuse (voir Actuailes n°199). Leur colère s’est accentuée avec la signature par l’Union européenne (UE) d’un accord de libre-échange avec le Mercosur, une zone économique qui regroupe plusieurs pays d’Amérique du Sud. Cela signifie que ces pays, comme le Brésil, vont pouvoir exporter dans l’UE des poulets ou de la viande bovine beaucoup moins chère que la viande française. Elle sera de plus potentiellement dangereuse pour la santé des consommateurs, car les fermiers de ces pays sud-américains peuvent utiliser des produits chimiques interdits en France et dans l’UE. Il s’agit donc d’une concurrence déloyale, d’autant que nos agriculteurs croulent sous les règles de l’UE.
Dans le même temps, leurs revenus sont déjà très bas, alors que nos fermiers travaillent beaucoup. Ils se sentent délaissés et peu considérés par nos hommes politiques. De nombreuses fermes risquent de disparaître.
Pourquoi est-ce grave?
Cette situation est dangereuse, car elle remet en cause notre autonomie alimentaire. Nos agriculteurs ont toujours eu la noble tâche de nous nourrir. La période du covid a montré que les transports internationaux pouvaient s’arrêter, et qu’un pays devait compter sur soi-même pour sa survie. De plus, nos paysans sont les jardiniers de la France, qu’ils entretiennent de leurs mains. Quel avenir pour nos campagnes et nos paysages demain, sans fermiers? Les arrachages de vignes promus par le gouvernement ont montré leurs dangers cet été avec de terribles incendies de forêt, autrefois ralentis par les vignes.
L’avenir
Il est donc primordial que notre gouvernement prenne conscience de cette détresse paysanne et y apporte des solutions. Il doit tout d’abord protéger nos productions contre la concurrence déloyale de pays qui ne respectent pas les mêmes normes que nous. Ces normes doivent en parallèle être allégées, en particulier celles liées à l’environnement imposées par l’UE. Elles asphyxient progressivement nos agriculteurs. Enfin, nos paysans doivent pouvoir disposer d’un revenu décent. Mais ce sujet concerne tous les Français et leur avenir. Il semble plus judicieux de consommer de la viande française, dont la qualité est garantie, plutôt que de la faire venir d’Amérique du Sud. Et, de manière générale, de consommer au rythme des saisons des productions locales qui font vivre nos agriculteurs. Sans agriculteurs demain, le réveil pourrait être difficile.
Julien Magne
Actuailes n°200 - 14 janvier 2026
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