Depuis le 28 décembre 2025, les Iraniens envahissent les rues pour manifester. Dans l’histoire récente, ce n’est pas la première fois que le pays est traversé par des mouvements de contestation d’envergure.
Mais ce mouvement est singulier et semble mettre aux abois les dirigeants religieux locaux.
Que se passe-t-il?
Tout d’abord, il faut bien reconnaître que les populations iraniennes qui descendent dans la rue sont bien courageuses. On le sait, le pouvoir iranien ne s’interdit pas l’emploi d’armes létales pour mater les protestations.
Et pourtant, une fois encore, les manifestants ont décidé de braver les balles et de risquer leur vie. Du 28 décembre au 8 janvier 2026, 45 personnes auraient déjà été tués. En fait, beaucoup n’ont plus rien à perdre, et tout à gagner au regard d’une situation économique qu’ils jugent catastrophique. Mais, peu à peu, le mouvement s’est politisé, les manifestants réclamant plus de liberté. Le 7 janvier, les émeutiers ont commencé à affronter les forces de l’ordre.
Pourquoi le mouvement actuel est-il inédit?
Tout d’abord, il l’est par son ampleur. Il touche plus d’une trentaine de villes.
Il l’est aussi car il provient de classes socio-économiques autrefois proches du pouvoir religieux qui dirige l’Iran d’une main de fer.
Mais surtout, il l’est car, le 8 janvier, Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d’Iran, chassé en 1979 par la Révolution islamique dont les dirigeants actuels sont les héritiers, a appelé à renverser le régime. Les partis politiques kurdes, une des ethnies de ce grand pays, ont uni leur voix à celle de R.Pahlavi. En réaction, les autorités iraniennes ont durci la répression et coupé Internet.
Plus encore, plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont déclaré leur soutien aux manifestants. Les États-Unis ont même appelé à un changement de régime, menaçant les autorités de Téhéran de venir au secours des manifestants s’ils continuaient à se faire tirer dessus. À n’en pas douter, le pouvoir iranien prend la menace de Donald Trump très au sérieux: le président américain n’a pas hésité à capturer le président vénézuélien, Nicolàs Maduro, le 3 janvier dernier.
Pour couronner une situation déjà bien tendue, le boutefeu du Moyen-Orient, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a annoncé avoir validé récemment un plan d’attaque contre l’Iran, son ennemi juré, pour mettre à mal son arsenal balistique.
Fort de ces appuis, le mouvement de contestation ira-t-il jusqu’à renverser le pouvoir des mollahs iraniens? Telle est la question. Une chose est sûre, le renforcement de la répression sécuritaire iranienne avive toujours plus la colère de la rue et accroît le risque d’une intervention militaire israélo-américaine.
Le savais-tu?
Un missile balistique est capable de transporter des charges explosives (dont nucléaires) sur de très longues distances.
En Iran: chah est le titre qui est donné au «roi» qui dirigeait le pays jusqu’en 1979.
Gilles
Actuailes n°200 - 14 janvier 2026
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