Le 31 décembre, en plein réveillon, un bar en Suisse a pris feu, faisant 40morts et 116 blessés, dont une cinquantaine de grands brûlés.
Comment définit-on la brûlure et ce qui en fait la gravité ? C’est une blessure causée par la chaleur (feu, liquide très chaud), le froid, l’électricité, des rayons (soleil) ou des produits chimiques. Elle touche le plus souvent la peau, qui est composée de trois couches.
Les couches de notre peau
L’épiderme, première couche extérieure, protège le corps des agressions; le derme renferme les vaisseaux sanguins, les glandes, les follicules pileux et les nerfs; et l’hypoderme contient la couche graisseuse isolant et aidant le corps à absorber les chocs.
La durée d’exposition et le type de brûlure définit les différents degrés de brûlure, leurs symptômes et leur prise en charge.
Les différents types de brûlures
Le premier degré touche l’épiderme: peau rouge et douloureuse. Il faut refroidir en faisant couler pendant 20 minutes de l’eau à 20 degrés à 20 cm au-dessus de la lésion, puis mettre un pansement gras jusqu’à cicatrisation. Le second degré superficiel atteint en plus la partie superficielle du derme: peau rouge suintante, cloque et douleur. Même prise en charge et hospitalisation si la lésion est très étendue (supérieure à 10%). Le second degré profond touche tout le derme: rougeur, bulles, mais peu sensible/douloureux (atteinte des nerfs). La prise en charge est la même que la précédente, avec hospitalisation à partir de 3% de surface atteinte et chirurgie éventuelle. Le troisième degré affecte également l’hypoderme: plaie creuse, blanche, noire ou rouge, non douloureuse/insensible, peau cartonnée, poils partant sans résistance; la périphérie est souvent gonflée et douloureuse. Il faudra une prise en charge chirurgicale.
La surface d’atteinte définit la gravité
Elle est calculée à partir de la paume de main qui équivaut à 1% de surface corporelle. On évalue le nombre de paumes complètes et donc le pourcentage de surface atteinte. Certaines zones nécessitent un avis médical: visage, mains, pieds, articulations majeures (genou, épaule, hanche…), organes génitaux ou brûlure circulaire autour d’un membre. Des rétractions peuvent avoir lieu à la cicatrisation et nécessitent une surveillance pour discuter d’une prise en charge chirurgicale, dite d’excision.
Dans le cas présent, on parle de grands brûlés, car les brûlures sont aussi importantes en profondeur qu’en surface.
Au-delà du risque lointain de cicatrices/séquelles physiques, leur vie est en danger. La barrière cutanée n’est plus là pour protéger des agressions bactériennes, ni réguler la température centrale. Par ailleurs, le corps perd de la lymphe (réservoir de substances nutritives et de globules blancs; c’est ce qui est présent dans les cloques) et réagit à ce traumatisme sévère en créant une inflammation globale pour tenter de se défendre. Il existe un risque vital d’infection et d’emballement des organes vitaux qui peuvent «lâcher». En parallèle, les soignants prennent en charge la douleur, la nutrition et les pansements qui peuvent prendre des heures.
Dans plusieurs semaines, quand ces risques se seront doucement éloignés, ces patients pourront commencer la rééducation, et une reconstruction personnelle et esthétique.
Dr Emmanuelle Fernex
Actuailes n°200 - 14 janvier 2026
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