Le pape Léon XIV a remis la doctrine sociale de l’Église sur le devant de la scène, après avoir pris le nom de l’initiateur de celle-ci, Léon XIII.
En 1891, effectivement, le pape Léon XIII publiait l’encyclique Rerum novarum, dans un contexte de grands bouleversements sociaux.
Origine
À cette époque, le développement industriel favorisait l’enrichissement de quelques-uns au détriment de l’appauvrissement et de l’exploitation de beaucoup d’autres. Léon XIII avait publié son encyclique pour promouvoir des relations plus justes entre les patrons et leurs ouvriers, pour que ces derniers aient de meilleures conditions de travail et un juste salaire. C’est ainsi qu’est née la doctrine sociale de l’Église. Bien que nouvelle, celle-ci s’inspirait de la tradition multiséculaire des œuvres de charité chrétienne comme les hôpitaux, les écoles ou les orphelinats.
Contenu
Cette doctrine sociale donne des indications générales pour que la vie des hommes en société soit conforme à l’esprit de l’Évangile. Elle repose sur quatre principes qui sont la dignité de la personne, la solidarité, le bien commun et la subsidiarité. La dignité de l’homme lui vient du fait qu’il a été créé à l’image de Dieu et pour la gloire du Ciel. Chaque personne humaine a une valeur qui dépasse tous les biens matériels. On ne peut donc jamais réduire l’homme à être un moyen pour obtenir plus de richesses. Au contraire, ce sont les richesses qui doivent être des moyens pour rendre la vie de chacun plus humaine. Les principes de solidarité et du bien commun disent quant à eux que le bien de la société est plus important que le bien de l’individu ou d’un petit groupe. C’est pourquoi il est nécessaire, en cas de besoin, de partager ses richesses avec ceux qui en ont peu. Enfin, la subsidiarité nous dit que tout le monde peut, à son niveau et selon ses talents, contribuer au bien commun de la société. L’État n’a pas à tout faire à la place des citoyens et des associations.
Actualité
Cette doctrine a été reprise par les papes des XXe au XXIe siècle. Aujourd’hui, le pape Léon XIV, choix de nom manifestant la continuité avec Léon XIII, se saisit à son tour de cette question. Nous vivons aussi un bouleversement social lié au progrès de la technique. L’intelligence artificielle apporte beaucoup de nouvelles possibilités, mais risque aussi de faire disparaître un certain nombre d’emplois. En effet, l’intelligence artificielle réalise de nombreuses tâches que seule une intelligence humaine pouvait faire auparavant: répondre au téléphone, traduire des textes, rédiger des articles de journal, etc. Utiliser l’intelligence artificielle permettrait aux entreprises de faire des économies. Mais le Saint-Père veut que «le développement de l’intelligence artificielle serve véritablement le bien commun et ne soit pas utilisé uniquement pour concentrer la richesse et le pouvoir entre les mains de quelques-uns». C’est le message qu’il tentera de faire passer dans sa première encyclique qui aura pour titre Magnifica humanitas.
Cette doctrine sociale, si nous l’appliquons, nous permet à nous, chrétiens, de vivre notre foi, non seulement dans la sphère privée, mais aussi dans la sphère sociale; pour que les hommes «voient [nos] bonnes oeuvres et glorifient [notre] Père qui est dans les cieux» (Mt5,16).
Frère André-Marie
Actuailes n°200 - 14 janvier 2026
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