L’Asie est la première région du monde pour la production de soie. Une étoffe rare et précieuse, dont les secrets de fabrication furent jalousement gardés.
À l’origine, une merveilleuse histoire, qui se passe 2700 ans avant J.-C., quelque part en Chine.
Une princesse sous un mûrier…
À l’ombre d’un mûrier blanc, une princesse qui boit son thé voit tomber dans sa tasse une larve de papillon (un bombyx). Quand elle veut se saisir de la chenille, le cocon lui file entre les doigts. Ainsi fut découvert le tissu qui va faire les riches heures de l’Orient. Pendant trois millénaires, l’empire du Milieu protège jalousement ses élevages de vers à soie, pour en conserver l’exclusivité de la fabrication et du commerce. Au VIe siècle, deux moines d’Occident parviennent à cacher dans leur bâton de marche des œufs de larves, qu’ils rapportent à l’empereur Justinien. Mûriers et vers trouvent le climat méditerranéen à leur goût; la Sicile d’abord, puis toute l’Europe du Sud maîtrisent bientôt l’art de la fabrication de la soie. Elle se développera dans le sud de la France en même temps que l’arrivée des papes en Avignon. Jusqu’au XIXe siècle, où une maladie décime les élevages de vers à soie. L’Asie retrouve ainsi le monopole de la production de la soie.
L’élevage des vers à soie
Contrairement au lin ou au coton, qui sont des fibres d’origine végétale, la soie est d’origine animale. On élève les vers à soie (bombyx mori) dans des chambres chauffées (les magnaneries, voir l’encadré). Les œufs des larves sont placés sur de fins plateaux, et la chaleur les fait éclore. On nourrit ensuite les vers à soie avec les feuilles du mûrier blanc, un petit arbre trapu au feuillage vert, qui pousse à l’origine en Asie mineure. Lorsque sont formés les cocons qui donneront la soie, on étouffe les chenilles par l’effet d’une chaleur plus élevée. On procède alors au tirage du fil de soie (un seul fil par cocon). Les fils assemblés sont ensuite enroulés sur un dévidoir pour être tissés. Selon les méthodes utilisées, il existe différentes qualités d’étoffe (mousseline, crêpe, satin, taffetas ou organza), pour différents usages (vêtements ou ameublement), toujours riches et prestigieux!
Le savais-tu?
L’élevage des vers à soie s’appelle la sériciculture (du latin sericum, qui veut dire soie). Chez les Romains, Sericum désignait d’ailleurs la région d’Asie située au-delà du Gange (un fleuve en Inde). En Provence, la culture du ver à soie se faisait dans des magnaneries (magnan signifiant ver en provençal).
Il faut 200 kg de feuilles de mûrier pour nourrir les 6000 chenilles nécessaires à la production de seulement 1kg de soie. Un filament mesure entre 1 et 2km; 5 à 8 filaments sont torsadés pour former un fil. Sa solidité est comparable à celle d’un fil d’acier. Aujourd’hui, la Chine et l’Inde assurent 90% de la production mondiale. La soie représente toutefois moins d’1% de la production textile dans le monde. À quantité égale, la soie coûte 20 fois plus cher que le coton.
Emmanuel
Actuailes n°201 - 28 janvier 2026
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