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C’est arrivé il y a 250 ans … en 1776

26-01-2026 à 17:18:06

Claude de Jouffroy d’Abbans fait naviguer le premier bateau à moteur 

Ma chère Henriette, 

 

Aujourd’hui, le courant électrique pour les voitures et les trains, et surtout le pétrole dans les voitures, bateaux et avions sont les principales sources d’énergie utilisées par l’homme pour se déplacer. Mais sais-tu que, pendant longtemps, les hommes ont été dépendants de la traction animale ou du vent pour se déplacer? Ce dernier étant cependant irrégulier et non contrôlable, les hommes ont longtemps navigué sur des galères, qui avançaient à la force des bras humains, afin de ne pas être bloqués par un vent absent ou contraire. Cette solution exigeait toutefois un très grand nombre de rameurs, souvent des prisonniers, car ce métier était très physique et ingrat. 

Au XVIIe siècle, les hommes ont cherché une solution technique plus efficace que la traction humaine ou animale, et les premiers essais de machine à vapeur ont été faits: puisque l’eau, en chauffant, se dilate et prend plus de place, on a contraint la vapeur d’eau à passer dans un espace défini, dont elle ne pourrait s’échapper qu’en actionnant des pistons qui entraîneraient un moteur. En 1687, Denis Papin perfectionne le principe de cette machine, mais son invention ne trouve pas d’utilisation pratique. 

Il faut attendre presque un siècle pour que Claude de Jouffroy d’Abbans, un jeune officier français emprisonné en 1772 sur les îles de Lérins, dans la baie de Cannes, cherche à améliorer le système de propulsion des navires, en voyant passer une galère sous les fenêtres de son cachot. Après sa libération, il reprend l’invention de Denis Papin et installe une machine à vapeur sur un bateau: à l’été 1776, son prototype, le Palmypère, peut être testé, et la première navigation a lieu sur un affluent du Doubs. C’est une réussite technique, même s’il reste des points à améliorer: les rames inspirées des galères gênent la navigation. Quelques années plus tard, Jouffroy d’Abbans les remplace par une roue à aubes, munie de pales qui repoussent l’eau vers l’arrière et font avancer le navire. La navigation fluviale se développe, avant l’invention, en 1832, de l’hélice marine, qui remplace de façon plus efficace la roue à aubes, et permet aux navires à vapeur de s’aventurer sur les mers quelques années plus tard: la roue à aubes exigeait en effet un bateau à fond plat, qui ne pouvait donc pas naviguer sur les mers. 

Aujourd’hui, ma chère Henriette, si les navires ne fonctionnent plus à la vapeur, mais au mazout, ils utilisent toujours les hélices imaginées pour améliorer l’invention de Claude de Jouffroy d’Abbans. Peut-être qu’un jour une nouvelle technique plus efficace les remplacera? 

En attendant, je te laisse rêver à ces inventions et je t’embrasse! 

Tante Cécile 

Actuailes n°201 - 28 janvier 2026


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