facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo Linkedin logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro

Le dynamisme catholique au Royaume-Uni

27-01-2026 à 11:04:00

Le pape Léon XIV a nommé en décembre monseigneur Richard Moth archevêque de Westminster, faisant de lui le nouveau représentant de l’Église catholique pour l’Angleterre et le pays de Galles.  

Monseigneur Moth a pris ses nouvelles fonctions dans un environnement propice où le catholicisme connaît en Angleterre une recrudescence inégalée depuis des siècles, voyant les messes dominicales fréquentées en plus grand nombre que les services anglicans.  

Retour historique 

L’anglicanisme est religion d’état depuis le XVIe siècle. À l’origine de cette situation, le divorce du roi Henry VIII. Alors marié à Catherine d’Aragon, qu’il n’aime manifestement pas beaucoup, il tombe amoureux d’une de ses demoiselles d’honneur, Anne Boleyn, et demande l’annulation de son mariage au pape Clément VII, qui la refuse. En 1527, il décide de rompre avec l’Église de Rome en divorçant de son épouse pour se marier avec Anne Boleyn. Cet affront provoquera un schisme et la création de l’Église d’Angleterre dont il se proclamera le chef avec cette phrase bien connue: «Dieu et mon droit.» Depuis ce temps, le roi — ou la reine — d’Angleterre est à la tête de l’Église anglicane.  

Dans ce contexte, et au travers des âges, les catholiques sont restés au Royaume-Uni une minorité discrète, parfois persécutée et souvent discriminée. Ce n’est que depuis 1850, avec la restauration de la hiérarchie catholique par le pape Pie IX, que l’Église catholique d’Angleterre et du pays de Galles est légalement reconnue et organisée en diocèses. 

Hausse des fréquentations catholiques 

Depuis quelques années, le nombre de personnes fréquentant les églises ne cesse d’augmenter. Venant de l’anglicanisme, de familles athées, parfois de l’islam ou d’autres confessions, de nombreux convertis se joignent aux assemblées dominicales pour des messes, pèlerinages, groupes de prière, et ils témoignent avec ferveur de leur parcours et de leur amour du Christ.  

De nombreux pèlerinages viennent ponctuer l’année, vers le sanctuaire de Notre-Dame de Walsingham, vers Aylesford, où saint Simon Stock reçut le scapulaire du mont Carmel ou vers le sanctuaire de Ramsgate, lieu d’arrivée de saint Augustin de Cantorbéry en 597 pour évangéliser les Anglo-Saxons. Le sanctoral anglais est riche. Parmi les plus célèbres, nous pouvons mentionner saint Thomas More et saint Thomas Becket, saint Édouard (le Confesseur), saint John Fischer ou encore saint John Henry Newman, canonisé en 2019, et Docteur de l’Église depuis novembre dernier. 

En 2025, le nombre de fidèles catholiques (allant à la messe le dimanche) a dépassé celui des fidèles anglicans se rendant au «service». Cette évolution, si elle se confirme, pourrait à terme poser de vraies questions de légitimité d’une religion d’État qui ne rassemble pas une majorité de la population. Cela dit, si le nombre de catholiques augmente, les chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) restent encore minoritaires au sein d’une population britannique qui se déclare à 36% athée et ne se reconnaît plus dans la foi chrétienne.  

Le savais-tu?  

Henry VIII a eu six femmes. Il a divorcé de deux d’entre elles (Catherine d’Aragon, Anne de Clèves), en a décapité deux (Anne Boleyn et Catherine Howard), une est morte en couches (Jeanne Seymour) et la dernière lui a survécu (Catherine Parr). Le moyen mnémotechnique des écoliers anglais pour le retenir est «Divorced – Beheaded – Died – Divorced – Beheaded – Survived». 

Monsieur James

Actuailes n°201 - 28 janvier 2026


2 votes


Imprimer