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L’Iran en pleine tempête

27-01-2026 à 11:41:00

En Iran, l’actualité récente ne se limite pas aux protestations et à leur sanglante répression. Elle raconte un pays jeune et complexe.  

L’Iran est un pays confronté à des difficultés sociales, des tensions régionales et objet de manœuvres diplomatiques pour éviter l’embrasement mondial. 

L’Iran d’aujourd’hui : place aux jeunes 

Lors des émeutes, l’accès à Internet a été considérablement réduit. En plus de couper les communications et donc de répandre une forte inquiétude, cette mesure a privé la population d’un accès à un fondamental outil de travail ou d’étude. 

Or, en Iran, près de la moitié de la population a moins de 30 ans: l’Iran est un pays de jeunes! Et les contestations sont aussi un rapport de force entre la population jeune et les dirigeants d’une autre génération. Rapports qui trouvent leur origine dans l’histoire récente. 

Éclairages de l’histoire 

Jusqu’en 1979, l’Iran était dirigé par un roi, appelé le shah. Le dernier d’entre eux, Mohammad Reza Pahlavi, a gouverné pendant près de quarante ans, dans une période de modernisation rapide, mais aussi de fortes inégalités et de contrôle politique. 

La révolution de 1979 a mis fin à la monarchie et transformé l’Iran en une république islamique. Ce bouleversement a changé les institutions, mais aussi modifié la manière de vivre, d’enseigner, de s’exprimer et de penser la place de la religion, de l’État et des citoyens. 

Pour beaucoup de familles, cette révolution est encore très présente dans les souvenirs transmis aux enfants et aux adolescents. Et, même si les jeunes n’ont pas connu cette époque, ils en héritent. 

L’Iran dans sa région 

Entouré de pays qui ne lui veulent pas que du bien, l’Iran s’empêtre pourtant dans une instabilité intérieure risquée. Les conditions de vie y sont difficiles: la vie est chère, le chômage très élevé (1jeune sur 5 ne travaille pas) et les libertés fortement restreintes. De quoi attiser les mécontentements des Iraniens et profiter aux pays opposants: Israël, Arabie saoudite, Qatar, notamment. 

Malgré tout, ce sont bien ces derniers qui ont apparemment réussi à convaincre Washington de ne pas intervenir militairement (pour le moment). La population iranienne reste donc livrée au régime en place. Il est certain qu’un recours à la force militaire aurait pu avoir des effets accrus sur les populations civiles d’Iran, mais aussi d’ailleurs. Pour l’heure, la diplomatie et la transmission de messages en coulisse semble avoir fonctionné. 

Cependant, la minorité âgée qui tient le pouvoir iranien est affaiblie. La république islamique d’Iran s’accroche à un modèle qui ne convient plus et ne fédère plus. Et les jeunes, semble-t-il, imaginent la paix sans les ayatollahs (responsables religieux). Leur volonté est-elle une arme suffisante pour changer leur avenir ?   

Le savais-tu? 

Les ayatollahs sont des responsables religieux chiites. Ils sont considérés comme des spécialistes de l’islam et enseignent souvent dans des écoles religieuses. 

Ils portent généralement un turban. La couleur de celui-ci peut avoir une signification: les ayatollahs qui se disent descendants du prophète Mahomet portent un turban noir (plus rarement vert). Les autres portent le plus souvent un turban blanc. 

Abu Jibril

Actuailes n°201 - 28 janvier 2026

 


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