La35eédition du tournoi biennal (tous les deux ans) de football des associations africaines organisée par la Confédération africaine de football s’est déroulée du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 auMaroc.
Cette compétition ne cesse de croître en importance et en visibilité au sein d’une Afrique qui regorge de talents, mais qui a du mal à hisser ses joueurs au sommet de la pyramide footballistique (aucun ballon d’or africain jusque-là). Le Maroc profitait de l’opportunité pour mettre en avant ses atouts évidents (tourisme dynamique, stabilité politique). Le pays a réalisé des investissements massifs, rénovant ou construisant plusieurs stades pour l’occasion et les recettes constituent un record (plus d’un milliard d’euros).
Tumultes et résultat inattendu
Cette CAN a vu le triomphe du Sénégal, mené par sa superstar Sadio Mané, attaquant d’Al Nassr en Arabie saoudite, et ancien joueur phare de Liverpool. La finale, remportée aux tirs au but, a été tendue jusqu’au bout.
Le Maroc, mené par Achraf Hakimi (PSG) et Brahim Diaz (Real Madrid), a été le finaliste malheureux de cette coupe qu’il avait dominée de la tête et des épaules jusque-là. Mais, dans les ultimes minutes, alors qu’un but venait d’être refusé au Sénégal pour une petite faute entachant l’action, un penalty était sifflé en faveur du Maroc. Scandalisés, les joueurs sénégalais ont quitté le terrain, ce qui constitue une première dans l’histoire d’une compétition internationale. Au lieu de déclarer le Maroc vainqueur par forfait, l’arbitre a préféré temporiser et négocier. Il a attendu le retour des protestataires, pensant que le match serait de toute façon plié rapidement par le penalty marocain.
Et là, catastrophe! Brahim Diaz, pourtant meilleur buteur de la compétition, a tenté un geste technique qu’il a complètement raté. Tout était remis en jeu! Restant indécis jusqu’au bout, le match, haletant, s’est poursuivi jusqu’aux tirs au but. Il a finalement vu le Sénégal prendre la succession de la Côte d’Ivoire et devenir la 7e équipe la plus titrée, à bonne distance de l’Égypte (7victoires).
Décisions surprenantes ?
Malgré une grande réussite économique et politique, cette CAN souffre de suspicions de truquage, de corruption d’arbitrage et d’irrégularités. Les diverses décisions d’arbitrage en faveur de l’équipe hôte au long de la compétition ont alimenté la grogne et conduit à la protestation sénégalaise. La victoire finale des Sénégalais reste malgré tout surprenante, eu égard à leur manifestation peu orthodoxe en cours de match. Ils ont obtenu gain de cause par des moyens peu louables et cela ne manquera pas de susciter le débat. C’est le signe que, malgré la réglementation internationale reconnue et acceptée par tous, la force est toujours une source de déstabilisation. L’obéissance aux règles dépend de la bonne volonté des participants. Et celle-ci est souvent garantie si un organisme a les moyens d’imposer le respect de ce règlement par la force légitime. Si cet organisme n’existe pas, la règle ne sera probablement pas respectée. On obéit plus souvent par peur de la sanction que par vertu. Cet enseignement est transposable à bien des domaines.
De là à voir un parallèle avec la situation internationale aujourd’hui, avec les USA voulant annexer le Groenland notamment, il n’y a qu’un pas.
BGV
Actuailes n°201 - 28 janvier 2026
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