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Rencontre discrète mais historique entre le Maroc, l'Algérie

10-02-2026 à 09:09:00

Le dimanche 8 février, une rencontre exceptionnelle s’est tenue à l’ambassade des États-Unis à Madrid entre des représentants du Maroc, de l’Algérie et du Front Polisario (Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro).  

Cet échange est d’autant plus marquant qu’il intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Rabat et Alger, exacerbées par la question du Sahara occidental et la rupture de leurs relations diplomatiques depuis 2021. 

Contexte 

Le Sahara occidental est situé au nord-ouest de l’Afrique, bordé par la province marocaine de Tarfaya au nord, l’Algérie au nord-est, la Mauritanie à l’est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l'Atlantique. C’est un territoire disputé depuis le retrait de l’Espagne en 1975.  

Le Maroc revendique cette région et en contrôle aujourd’hui la majeure partie. De son côté, le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui soutenu par l’Algérie, réclame la création d’un État indépendant. Ce conflit a donné lieu à des décennies de négociations infructueuses et reste l’un des dossiers les plus sensibles du Maghreb. Pour l’Algérie, le soutien au Polisario s’explique aussi par des enjeux stratégiques: un Sahara occidental indépendant et allié lui offrirait un accès direct à l’océan Atlantique. 

Les soutiens 

Depuis 2007, le Maroc défend un plan d’autonomie pour le Sahara occidental. Celui-ci prévoit une large autonomie locale, avec un parlement et un gouvernement régionaux, tout en maintenant la souveraineté marocaine sur les domaines régaliens comme la défense et la diplomatie. Ce plan a progressivement gagné en soutien sur la scène internationale, notamment après la reconnaissance par l’administration de Donald Trump de la souveraineté marocaine sur le territoire en 2020. L’Union européenne et l’Organisation des Nations unies considèrent désormais cette proposition comme une base sérieuse et crédible de négociation, ce qui renforce l’isolement diplomatique d’Alger. 

La position américaine 

Elle s’inscrit dans une logique de stabilité régionale. Washington cherche à réduire les foyers de tension au Maghreb et au Sahel, zones stratégiques sur les plans sécuritaire et économique. En encourageant le dialogue, les États-Unis espèrent éviter une escalade entre le Maroc et l’Algérie et favoriser une solution politique durable. Face à ces pressions internationales et à un contexte diplomatique moins favorable, Alger semble accepter, pour la première fois depuis longtemps, l’idée d’un échange indirect avec Rabat. 

La réunion de Madrid, bien que discrète et symbolique, pourrait marquer un tournant pour l’avenir de la région. Dans une région où le dialogue est rare, elle ouvre la possibilité d’un apaisement progressif des tensions entre les deux puissances de l’Ouest du Maghreb. 

Sacha Balbari

Actuailes n°202 - 11 février 2026

 

 


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