En ce début de Carême, nous pouvons nous inspirer de la spiritualité des Pères du désert, pour suivre le Christ d’une manière plus radicale.
Les Pères du désert sont les fondateurs de la vie monastique chrétienne à partir du IIIe siècle.
Le martyre blanc
Le désert est l’endroit où ils se sont retirés, après avoir vu que les occasions de subir le martyre et la persécution pour l’amour du Christ dans le monde se faisaient de plus en plus rares. En effet, la foi chrétienne se répandait beaucoup, surtout dans les régions orientales de l’empire romain, comme la Syrie ou l’Égypte. Petit à petit, le christianisme s’imposait et rencontrait moins d’opposition. Désespérant de subir le martyre du sang, le «martyre rouge», les Pères du désert ont décidé de vivre le «martyre blanc», celui de la pureté et de la sainteté quotidienne. Ainsi, s’est offert aux yeux du monde le témoignage, non plus d’hommes mourant pour Dieu, mais d’hommes vivant totalement pour Dieu.
Le combat contre soi-même
À l’époque des Pères du désert, les chrétiens étaient en passe de remporter la victoire sur leurs ennemis. Les persécutions cesseront au IVe siècle. Le christianisme sera autorisé. Il finira même par être la religion officielle de l’empire romain. Mais il restait aux chrétiens encore un combat à mener, un combat non moins difficile à remporter: le combat contre soi-même, ou plutôt contre la part d’obscurité qu’il y a en chacun de nous. Le mal ne vient pas que des autres. Par le péché, le mal est déjà à l’intérieur de nous-mêmes. Et là, il nous combat sur un terrain que nous ne pouvons malheureusement pas fuir.
La stratégie des Pères
Les Pères du désert ont voulu prendre de grands moyens pour vaincre cet ennemi de l’intérieur. Ils ont tout d’abord commencé par se retirer du bruit du monde, pour entendre la voix de Dieu dans la prière et la lecture des Saintes Écritures. Dieu nous guide et nous inspire par sa Parole. Il nous aide ainsi à faire le bien et rejeter le mal. C’est pourquoi il faut se mettre à son écoute. Puis, les premiers moines chrétiens ont aussi mis leur corps à l’épreuve. Ils se sont privés volontairement de certains plaisirs du corps, en pratiquant par exemple le jeûne. Par-là, ils se sont disposés à apprécier davantage les plaisirs de l’esprit, notamment la communion à l’eucharistie, nourriture de notre âme. Enfin, les Pères du désert ont beaucoup travaillé; et cela pour être capables de subvenir, non seulement à leurs besoins, mais aussi à ceux de leurs frères. En s’occupant par de bonnes activités, on évite l’oisiveté qui est mère de tous les vices, et on prend de bonnes habitudes, comme rendre service au prochain.
À défaut de quitter le monde comme les Pères du désert, nous pouvons quitter nos mauvaises habitudes, et en prendre de bonnes. C’est à cela que doivent mener tous nos efforts de Carême.
Frère André-Marie
Actuailes n°203 - 4 mars 2026
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