Depuis fin 2025, des négociations à l’initiative des États-Unis ont été relancées pour chercher une issue à l’un des plus anciens conflits non résolus d’Afrique du Nord.
Donald Trump semble résolu à apporter une solution à ce conflit qui dure depuis 50 ans, en éludant cependant l’idée d’une indépendance future du Sahara occidental.
Jusqu’en 1975, le Sahara occidental est au cœur d’un différend opposant le Maroc au Front Polisario, mouvement politico-militaire indépendantiste sahraoui créé en 1973 et soutenu par l’Algérie. En effet, lorsque l’Espagne se retire, les accords de Madrid confient l’administration du territoire au Maroc et à la Mauritanie. Mais la Mauritanie se retire en 1979, laissant le Maroc exercer son contrôle sur la majeure partie de la zone.
Opposition avec le Maroc
En 1976, le Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et engage une lutte armée contre le Maroc. Un cessez-le-feu est conclu en 1991 sous l’égide de l’ONU. La mission des Nations unies, la MINURSO, est alors chargée d’organiser un référendum d’autodétermination1. Mais des désaccords persistent et le processus politique reste bloqué.
Le Maroc contrôle aujourd’hui environ 80% du territoire. Il propose depuis 2007 un plan présenté comme une solution réaliste et durable, où le Sahara occidental resterait marocain, mais avec plus d’autonomie. Le Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame que les habitants du Sahara occidental puissent choisir, avec aussi l’option de l’indépendance. En 2020, après la rupture du cessez-le-feu par le Polisario, les tensions ont été ravivées, sans pour autant déboucher sur une guerre ouverte.
Intervention des États-Unis
Les États-Unis jouent désormais un rôle central dans l’évolution diplomatique du dossier. En décembre 2020, l’administration américaine reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental si le Maroc accepte d’établir des relations diplomatiques officielles avec Israël. Depuis, Washington soutient officiellement le plan d’autonomie marocain, le qualifiant de base «sérieuse et crédible» pour une solution politique, mais ne souhaite pourtant pas se fâcher avec l’Algérie, géant de la production énergétique et grand fournisseur occidental depuis la crise en Ukraine.
En 2025 et début 2026, les États-Unis ont donc intensifié leurs efforts de médiation. Des rencontres informelles réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario ont été organisées avec l’appui de l’ONU afin de relancer les discussions. Le «rouleau compresseur américain» chercherait à valider, avant fin mai, un compromis dans un contexte régional marqué par les rivalités entre Rabat et Alger et par des enjeux sécuritaires au Sahel, et peut-être aussi à accéder à certaines ressources naturelles, nombreuses dans la région.
Le Sahara occidental illustre ainsi les héritages complexes de la décolonisation et les limites de la diplomatie internationale, où principes juridiques, intérêts géopolitiques et équilibres régionaux s’entrecroisent sans qu’une solution définitive ne se dessine à court terme.
Guillaume
Actuailes n°203 - 4 mars 2026
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