Ce film de Charlie Chaplin est une romance muette et une critique sociale qui a défié l’arrivée du cinéma parlant (inventé quatre ans auparavant) en comptant sur la force de son émotion universelle.
Résumé
Dans une métropole immense et trépidante, Charlot, le vagabond solitaire, erre dans les rues. Il fait la rencontre d’une jeune vendeuse de fleurs aveugle. À la suite d’un quiproquo sonore (le claquement d’une portière de voiture, ce qui est déjà un luxe à l’époque, mais en l’occurrence il s’agit même d’une Rolls-Royce!), la jeune femme s’imagine que ce clochard au grand cœur est riche à millions. Touché par sa douceur et ne voulant pas briser son rêve, Charlot entretient le malentendu. Parallèlement, il sauve la vie d’un milliardaire excentrique et suicidaire. Une relation étrange se noue: l’homme riche couvre le vagabond d’or et d’amitié lorsqu’il est ivre, mais ne le reconnaît plus et le chasse dès qu’il redevient sobre. Tiraillé entre ces deux mondes, Charlot va multiplier les petits boulots et les sacrifices pour payer le loyer de la jeune fleuriste et financer l’opération qui pourrait lui rendre la vue.
À propos
En 1931, Chaplin est déjà connu depuis quinze ans pour ses films muets, mais l’invention du parlant en 1927 vient bousculer ses façons de faire. Avec Les Lumières de la ville, il choisit de continuer dans le muet tout en intégrant des effets sonores (bruit de la portière, scène du sifflet…). Au-delà de la romance, Chaplin livre une critique sociale acerbe sur l’argent et les apparences. La cécité de la jeune fille est symbolique: elle est la seule à voir la bonté du clochard, là où la société ne voit que ses haillons. La mise en scène très inventive permet à Chaplin de démontrer encore une fois l’étendue de ses talents (comme réalisateur, acteur, mais aussi compositeur de la bande-son). Le film contient des séquences comiques d’anthologie réglées comme du papier à musique, notamment un inoubliable combat de boxe où le vagabond se sert de l’arbitre comme d’un bouclier humain dans une hilarante chorégraphie. Mais c’est finalement l’émotion qui l’emporte: le film s’achève sur une scène finale bouleversante, reconnue comme une des plus belles de l’histoire du cinéma, où la vérité éclate dans un simple regard et un effleurement de la main.
Fiche
Réalisateur : Charlie Chaplin
Année : 1931
Durée : 1h27
Genre : comédie
Tout public
Distribution principale:
Charlie Chaplin: le vagabond
Virginia Cherrill: la jeune fleuriste aveugle
Harry Myers: le milliardaire excentrique
Pleins feux sur… Charlot
Ce personnage reconnaissable entre tous avec son allure digne mais dépenaillée, ses chaussures usées trop grandes, sa canne et son chapeau melon défraîchi, n’a jamais eu de nom dans le monde anglophone: on l’y nomme simplement «le vagabond». En France, c’est le producteur Jacques Haïk qui a eu l’idée de le baptiser «Charlot» dans les années 1910, et le nom est resté.
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