La guerre au Moyen-Orient se poursuit sans interruption depuis le 28 février 2026, avec de nombreuses victimes et destructions. Quand la guerre s’arrêtera-t-elle?
Tout le monde, sur place, se positionne et s’interroge. Chacun vit la guerre, à travers son prisme national, idéologique, politique, et religieux.
La guerre vue d’Israël
Rappelons que c’est le Premier ministre Benyamin Netanyahou qui est à l’origine de ce conflit, avec les Américains. Le raid aérien et meurtrier du 28 février contre les autorités iraniennes a tout déclenché.
Depuis, l’armée israélienne, appelée Tsahal, poursuit sa campagne aérienne contre l’Iran. Elle semble chercher à détruire l’État iranien en visant ses dirigeants, un par un, son armée, ses infrastructures économiques, et son fonctionnement sécuritaire. Israël a aussi élargi le conflit au sol libanais. Pourquoi au Liban? Au Liban, Tsahal traque les combattants du Hezbollah, le mouvement islamiste chiite libanais de résistance contre Israël.
Pour l’heure, les analystes se demandent quand B. Netanyahou considérera avoir atteint ses objectifs.
De son côté, la population israélienne subit aussi la guerre. Aucune des régions n’est épargnée, tant la capitale Tel-Aviv que la Galilée, au nord du pays. Les missiles et drones qui s’abattent sur elles, tous les jours, en provenance de l’Iran ou du Liban ne sont pas tous arrêtés par la défense anti-aérienne du pays. Mais la population israélienne soutient massivement (+ de 90%) les efforts de guerre et est derrière son chef, malgré le prix à payer.
Le Liban, peuple martyr encore une fois
Le Pays du Cèdre est à feu et à sang. Durablement. Des villages entiers sont détruits et de nombreux habitants ont dû fuir. Ils sont un million actuellement à errer à travers le pays, n’ayant pu seulement emporter avec eux que quelques habits et un peu d’argent. C’est un peu moins de 20% de la population.
Le président libanais, Michel Aoun, essaye d’obtenir de l’État hébreux un cessez-le-feu, mais les autorités israéliennes font la sourde oreille. Elles veulent, au préalable, avoir éradiqué le Hezbollah.
Le reste de la population, composée de druzes, de musulmans sunnites et de chrétiens, en a assez. Ce n’est pas leur guerre. C’est encore l’agressivité du Hezbollah qui a conduit à l’intervention meurtrière israélienne au Liban. Certains villages commencent à s’organiser pour empêcher leur accès à tout musulman chiite. Cette guerre pourrait être un tournant au Liban, conduisant, à court terme, au rejet en masse du Hezbollah par la population.
L’Iran, «tenir» pour mot d’ordre
Dès le 28 février, quelques heures après l’attaque israélienne, l’Iran a immédiatement riposté contre l’État hébreu mais a aussi attaqué les pays du Golfe (Arabie, Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis et Oman). Depuis, le régime iranien poursuit ses attaques.
L’objectif du pouvoir iranien? Tenir. Il pense que les États-Unis, aux côtés d’Israël, ne peuvent pas se permettre une guerre longue. À cet effet, il cherche à faire pression sur le gouvernement américain en aggravant l’impopularité de la guerre au niveau mondial. Dans cette optique, l’armée iranienne exerce des contraintes:
directes sur la population israélienne afin de prouver la résilience iranienne et l’inutilité de la guerre;
militaires sur les soldats américains en lançant des attaques contre les bases américaines situées dans les pays du Golfe;
diplomatiques sur ces mêmes pays, perturbant leur économie et leur réputation de havre luxueux de paix en visant leurs installations aéroportuaires et les raffineries de pétrole;
économiques mondiales en dissuadant tout passage de navires commerciaux par le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial.
Et il n’y a pas de raison que les Iraniens baissent les bras, malgré le prix humain que la population subit: des milliers de morts et 3 millions de déplacés. En effet, si la majorité des Iraniens critiquent leur pouvoir politique, la guerre a eu pour effet de rassembler le peuple autour des autorités du régime. En effet, la mise à mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Khameneï, le 28 février, sous le feu des premières frappes, a été vécue comme un traumatisme dans la région. Le grand ayatollah, dans l’islam chiite, équivaut au pape pour les catholiques. De plus, l’islam chiite fait l’apologie du martyre. C’est l’assassinat des fils d’Ali, petit-fils du prophète Mohammed, en 680 après J.-C., à Kerbala, qui a servi de creuset à l’élaboration de cette religion. Tenir contre les bombes des «satans américains et israéliens» est une sorte de martyre, dans la mentalité iranienne. C’est la voie du chiisme. Le martyre. Le pouvoir iranien considère chaque jour de résilience comme une victoire.
Ainsi, il est possible que ce ne soient pas les Iraniens qui rendent les armes en premier. A priori…
… à moins que les régions périphériques de l’Iran ne profitent de la faiblesse du pouvoir à Téhéran pour prendre les armes et que la guerre se transforme en guerre civile en Iran;
… à moins que les Américains et les Israéliens ne décident d’en finir en larguant une bombe nucléaire.
Là, c’est le scénario que tous, dans la région, redoutent, particulièrement les pays du Golfe et l’Iran, en première ligne des retombées radiologiques éventuelles…
Le savais-tu?
La défense aérienne est une combinaison de différentes armes (missiles, drones armés, canons électromagnétiques, mitrailleuses très puissantes…) qui sert à protéger un pays de toute attaque aérienne. Pour l’instant, à part au Liban, il s’agit d’une guerre qui ne se fait que par les airs.
Actuailes n°204 - 25 mars 2026
Actuailes 2026 © Tous droits réservés. Conditions d'utilisation with & by Website-modern - Se connecter