Cocorico!!! Après 20 ans de travail, une équipe de chercheurs de l’INSERM de Lille a découvert le rôle d’une cellule cérébrale dans la maladie d’Alzheimer, ouvrant ainsi une perspective de traitement de cette maladie.
Rappelons d’abord ce qu’est cette maladie dont on entend beaucoup parler à propos de personnes qui perdent la mémoire…
«Les signes»
Découverte en 1906 par Aloïs Alzheimer, la maladie d’Alzheimer est une dégradation des neurones de zones cérébrales responsables notamment de la mémoire, de l’attention, du langage, du raisonnement… Ces cellules, devenues inefficaces, sont éliminées et le cerveau ne peut plus programmer certaines fonctions. C’est alors qu’apparaissent les troubles visibles. Et, petit à petit, la dégradation s’étend à tout le cerveau.
Au départ, la personne atteinte a des oublis de la mémoire à court terme, c’est-à-dire qu’elle se souvient très bien de son enfance, par exemple, mais qu’elle oublie ce qu’elle a fait la veille, où elle a mis sa voiture, etc. Puis cela s’étend au niveau cérébral: la personne perd les mots, a plus de mal à reconnaitre ses proches, elle ne retrouve plus son chemin, ne se repère pas dans l’espace. Cela peut mener notamment aux «fugues» dont on entend parler. Enfin, l’évolution continue avec la perte de gestes réflexes comme celui de manger, de marcher, etc. Vous comprendrez que la présence d’une tierce personne pour assister le malade devient rapidement essentielle.
Cette maladie d’Alzheimer est nettement plus fréquente après 70 ans, voire 80, et n’est (dans 99% des cas) pas héréditaire.
Jusqu’à présent, aucun traitement efficace n’a été trouvé; on peut seulement encourager chacun à une vie saine, sur les plans physique, alimentaire ou intellectuel en stimulant sa mémoire…
Qu’ont trouvé nos Lillois?
On savait que, dans cette maladie, une protéine (TAU) s’accumulait de façon anormale dans les zones neuronales atteintes. Cette protéine se modifie dans le cas d’Alzheimer et n’est pas éliminée correctement. Son accumulation dans le cerveau gêne le fonctionnement des neurones, conduit à leur mort et donc aux signes de la maladie. Nos chercheurs ont trouvé qu’une cellule (tanycyte) était responsable de l’élimination de cette protéine, et que dans le cas de la maladie ces tanycytes étaient altérés. Nous avons donc désormais une nouvelle voie de traitement potentiel… Et, si la bonne santé de ces tanycytes permettait de prévenir cette maladie? Un grand pas… à suivre concrètement, mais cela redonne de l’espoir!
Le savais-tu?
1/ Il existe un certain nombre de maladies affectant la mémoire ou le cerveau. On les regroupe sous le terme de «démence»: démence vasculaire, démence à corps de Lewy, maladie d’Alzheimer, etc.
2/ Certains médicaments peuvent être à l’origine de l’apparition des troubles ou de la dégradation d’une maladie sous-jacente. C’est le cas en particulier de tous les médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères). C’est la raison pour laquelle une action est menée depuis plusieurs années par la Santé Publique pour en limiter la prescription.
Chez la personne âgée, il faut être très attentif lors de l’introduction d’un médicament, car beaucoup peuvent également dégrader l’état cognitif.
Docteur Emmanuelle Fernex
Actuailes n°204 - 25 mars 2026
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