Depuis la nuit des temps, le mal est un mystère qui trouble l’homme, au point qu’il en est souvent venu à se révolter contre Dieu.
Dieu a fait toute chose «bonne», nous dit le livre de la Genèse (cf. Gn 1, 31). Pourtant, comme nous le montre l’actualité, le mal est bien présent dans le monde. Comment cela est-il possible?
L’origine du mal
À l’origine, l’ordre et la paix régnaient dans le monde. Les choses auraient dû continuer ainsi, si chacune des créatures s’était maintenue dans sa trajectoire initiale, à l’image des astres qui ne quittent jamais leur orbite. Mais Dieu a fait certaines créatures avec la liberté de suivre, ou pas, le plan de Dieu. C’est le cas des anges. C’est aussi le cas des hommes. Pourquoi cette liberté? C’est que Dieu ne voulait pas seulement notre soumission. Il voulait aussi notre amour. Seulement, l’amour ne s’impose pas. Il s’offre avec douceur.
C’est par un ange, Satan, que le mal est entré dans le monde. De bon qu’il était, il s’est lui-même rendu mauvais. Les Écritures ne disent pas grand-chose sur la chute de Satan. D’après la Tradition, Satan n’aurait pas supporté que Dieu élevât l’homme, créature inférieure à lui, au point de mettre même les anges à son service: «Le diable, dit Tertullien1, ne supporta pas que le Seigneur Dieu eût soumis à l'homme toutes les œuvres qu'il avait créées.» Satan a refusé la logique de l’amour qui pousse à s’abaisser devant plus faible que soi, pour l’aider à s’élever vers Dieu. Il s’est laissé prendre par l’orgueil, cet amour excessif de soi qui fait s’élever contre les autres, y compris contre Dieu.
D’une manière générale, le mal est l’absence de bien là où il devrait y en avoir. Pour l’ange et pour l’homme, c’est le rejet du bien, le rejet de l’amour qui vient de Dieu et veut se répandre sur toutes ses créatures. Malheureusement, Satan a fait obstacle à cet amour. Il a entraîné d’autres créatures dans sa révolte, et parmi elles, nos tout premiers parents, Adam et Ève.
Le remède au mal
Dieu est un maître qui ne se contente pas de commander. Il va jusqu’à nous montrer le bon exemple. Ce que ses créatures n’ont pas su faire, Dieu a voulu l’accomplir lui-même: aimer l’autre jusqu’à s’abaisser pour lui. Dieu s’est fait homme. Il est même allé jusqu’à mourir pour nous. Dieu ne s’est pas seulement fait connaître comme le Très-Haut, le Tout-Puissant, mais aussi en s’abaissant, comme le tout humble qui se met au service de ses créatures. C’est tout le contraire de l’exemple de Satan.
Il n’y a que le bien qui puisse réparer le mal, l’amour qui puisse combattre la haine, l’humilité qui puisse détruire l’orgueil. Il n’y a pas d’entre-deux. Si nous suivons la logique de l’amour divin, nous contribuerons à faire reculer le mal, en nous et dans le monde, jusqu’à en être totalement libérés.
Fr. André-Marie
Actuailes n°204 - 25 mars 2026
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