Depuis quelques années, l’énergie est redevenue un sujet brûlant aux États-Unis. Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la priorité affichée est claire: produire plus d’énergie sur le sol américain, et devenir une grande puissance exportatrice.
Pétrole, gaz et nucléaire sont présentés comme des solutions fiables, capables d’alimenter le pays à tout moment.
De plus en plus de besoins…
Pourquoi cette insistance? D’abord à cause de l’explosion des besoins en électricité. Les États-Unis connaissent un boom de l’intelligence artificielle. Des milliers de serveurs fonctionnent jour et nuit dans d’immenses bâtiments appelés «data centers», consommant énormément d’électricité pour tourner et refroidir. Plus l’IA se développe, plus la demande énergétique grimpe.
Dans ce contexte, l’administration américaine met en avant les énergies dites «pilotables», dont le volume de production est maîtrisable, comme le gaz, le pétrole, le charbon et le nucléaire. À l’inverse, le solaire et l’éolien sont «intermittents», car ils dépendent du soleil et du vent. La Maison Blanche soutient ainsi les énergies fossiles et le nucléaire, au détriment de certains projets d’énergies renouvelables, ralentis ou annulés.
La relance du nucléaire civil, au parc actuellement vieillissant, fait aussi partie du plan. Depuis l’accident de 19791, qui a marqué durablement l’opinion publique, peu de nouvelles centrales ont été construites. Aujourd’hui, l’idée est de moderniser les installations existantes et de relancer certains sites. L’avantage? Produire beaucoup d’électricité sans émettre de CO₂. Les limites? La sécurité, la gestion des déchets et les coûts.
Qui profite de cette stratégie ?
Les grandes entreprises pétrolières et gazières, d’abord. Produire davantage sur le territoire américain signifie plus de forages, plus d’emplois dans le secteur… et plus de profits. Les grandes entreprises technologiques, ensuite: elles ont besoin d’une électricité abondante et stable pour leurs data centers. Certaines envisagent même de financer directement des centrales électriques pour garantir leur approvisionnement.
De vifs débats
Les défenseurs de l’environnement soulignent cependant qu’encourager les énergies fossiles aggrave le réchauffement climatique. Brûler plus de pétrole, de gaz ou de charbon signifie en effet émettre davantage de gaz à effet de serre. Il existe aussi un débat économique. Investir massivement dans les énergies fossiles peut sembler rentable à court terme, mais que se passera-t-il si le reste du monde accélère vers les renouvelables? Les États-Unis risquent-ils de prendre du retard dans les technologies vertes? À l’inverse, les partisans de la stratégie actuelle affirment qu’une énergie abondante et bon marché est indispensable pour rester compétitif, notamment face à la Chine.
En résumé, la question énergétique aux États-Unis ne se limite pas à produire plus d’électricité. Elle touche à l’économie, à l’environnement, à la géopolitique et même à la place du pays dans la course à l’intelligence artificielle. Faut-il privilégier la sécurité et la puissance industrielle immédiate, ou investir davantage dans des solutions durables? Le débat est ouvert, et il concerne directement l’avenir des adolescents d’aujourd’hui.
Marie de La Biche
Actuailes n°205 - 22 avril 2026
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