Des millions de fleurs, des milliers de variétés, des millions de touristes, des milliers d’hectares et des milliards d’euros… Chaque année au printemps, les Pays-Bas célèbrent la tulipe, un symbole national qui leur amène bien plus que de jolies couleurs.
Le 14 avril dernier, un satellite Sentinelle (un des 7 satellites européens de la constellation Copernicus qui observe la Terre en permanence), envoyait une photo de l’ouest des Pays Bas, constellés de ces incroyables couleurs vives et bigarrées, dues aux immenses cultures de tulipes qui sont en pleine floraison au printemps, importance économique majeure du pays dans tout le secteur agricole et horticole européen.
Deuxième exportateur mondial de produits agroalimentaires
Les Pays-Bas sont juste derrière les États-Unis et devant la France! Comment un pays 13 fois plus petit que la France parvient-il à de telles performances? En conjuguant agriculture industrielle, haute technologie, concentration sectorielle et logistique de pointe.
Tout d’abord, la très grande majorité de la production horticole locale (fleurs, fruits et légumes) est sélectionnée et élevée sous d’immenses serres, où elle bénéficie de climats artificiels, d’éclairage LED, de nourriture chimiquement contrôlée tout en étant étroitement surveillée par des capteurs électroniques. Ainsi, le pays est leader mondial en ce qui concerne le rendement au km² des tomates, des poivrons et des concombres, tandis que les fameuses tulipes, les bulbes et toutes les autres fleurs produites localement lui ont rapporté 7,2 milliards d’euros en 2025.
Pays expert en commerce et logistique
En 1602, déjà, les Néerlandais fondaient la «Compagnie néerlandaise des Indes orientales» ou «Vereenigde Oostindische Compagnie», une grande flotte de bateaux mi-marchands mi-militaires qui fit leur fortune pendant deux siècles. De nos jours, c’est grâce à leur infrastructure d’aéroports, de ports, de canaux, de rivières et d’entrepôts que le pays sert de grosse plateformes d’importation, conditionnement et réexportation de produits agricoles. Environ 70% des fruits et 80% des légumes importés aux Pays-Bas sont ainsi réexportés vers le reste de l’Europe.
Bien sûr, ce modèle d’agriculture high tech n’est pas sans défauts. Son niveau de technologie et de manipulation du vivant pose évidemment la question du rapport de l’homme avec la nature. Ensuite, il dépend beaucoup de fournitures extérieures, comme l’énergie pour le chauffage et l’éclairage des serres, alors que l’Europe est confrontée à des pénuries en la matière. Sans compter qu’il produit beaucoup de résidus chimiques, notamment de l’azote, qu’il faut capter pour éviter la pollution. Surtout, il est depuis peu confronté à l’explosion des normes bureaucratiques imposées par l’UE qui viennent étouffer les producteurs (au point que les agriculteurs hollandais avaient lancé de grandes révoltes agricoles en 2022 et 2023).
Mais les Néerlandais sont un peuple plein de ressources. Au Moyen Âge, déjà, ils ont su gagner 7000km2 en faisant reculer la mer et en construisant des digues pour créer les célèbres «polders» qui ont nourri des générations de «Nederlanders». Gageons que l’horticulture hollandaise saura surpasser ces épreuves et continuer à égayer les paysages de jolies couleurs vives chaque année au printemps !
Ziegfried
Actuailes n°205 - 22 avril 2026
Actuailes 2026 © Tous droits réservés. Conditions d'utilisation with & by Website-modern - Se connecter