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Le rhume des foins

20-04-2026 à 17:05:00

Alors que les températures se réchauffent et que la nature se réveille, certains d’entre nous se mouchent et toussent plus que jamais: voici revenu le temps de la rhinite pollinique, communément appelé le «rhume des foins»… De quoi parle-t-on?  

Il s’agit d’une réaction à des allergènes que l’on inhale (qui rentrent par le nez et la bouche dans les poumons lorsque l’on respire). 

L’allergène 

Un allergène est une substance, une particule, un tout petit organisme qui provoque une réaction allergique. Le mécanisme de l’allergie est une activation de notre immunité (nos défenses naturelles) contre quelque chose qui n’est pas dangereux pour nous. C’est la réaction immunitaire en elle-même qui provoque les symptômes, pas ce à quoi on réagit. Il existe différentes sortes d’allergies; la plus importante est l’allergie IgE dépendante (on fabrique trop d’anticorps de type E, appelés Immunoglobulines E). Ce type d’allergie est très souvent lié à un terrain particulier, l’atopie: les personnes atopiques vont fabriquer plus d’IgE que les autres et avoir des réactions d’inflammation dans des situations où la plupart des gens n’en auront pas. Le terrain atopique favorise l’asthme, l’eczéma et les rhinites allergiques, notamment. On peut en général s’apercevoir dès la petite enfance que l’on possède ce terrain-là, car les symptômes commencent très tôt! On a beaucoup plus de chance d’être atopique lorsque les parents le sont, notamment la mère… 

Quels sont les symptômes de cette réaction? 

On a le nez qui coule et s’irrite, ainsi que la gorge, les yeux qui grattent et larmoient, on éternue en salve. On peut aussi se sentir fatigué, avoir du mal à se concentrer ou encore moins bien sentir les odeurs. Cette rhino-conjonctivite (inflammation du nez et de la petite membrane qui recouvre les yeux et les paupières, la conjonctive) est provoquée par le contact avec les pollens qui se répandent dans l’atmosphère au printemps. Selon le lieu ou la date, il peut s’agir de pollens d’arbres (bouleau, cyprès…) ou de fleurs (comme les graminées). Il est facile de faire le diagnostic de rhinite pollinique lorsque les symptômes reviennent chaque année à la même saison. Mais certaines personnes ont une rhinite allergique toute l’année, qui peut alors être provoquée par le contact avec des excréments d’acariens (petits animaux microscopiques qui vivent dans la poussière, les tissus…) ou les poils de chat, par exemple. Comme il s’agit du même terrain, la rhinite allergique peut se compliquer d’une crise d’asthme. Il arrive aussi qu’elle favorise une infection par une bactérie qui nécessitera des antibiotiques: otite (dans l’oreille) ou sinusite . 

La plupart du temps, prendre un antihistaminique (antiallergique) par la bouche et se pulvériser dans le nez un spray corticoïde suffit pour gérer les symptômes. Quand les signes sont plus sévères (asthme, troubles du sommeil…), on fait des tests sur la peau pour vérifier exactement à quoi on est allergique et on essaye une désensibilisation: on prend chaque jour une petite quantité de l’allergène pour habituer notre corps à sa présence, jusqu’à ce qu’il ne réagisse plus. La rhinite allergique concerne presque un quart de la population: on n’a pas fini d’acheter des mouchoirs… 

Docteur Anne-Sophie Biclet

Actuailes n°205 - 22 avril 2026


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