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Les Émirats arabes unis quittent l’OPEP

07-05-2026 à 12:46:00

Le 28 avril, les Émirats arabes unis (EAU) ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’OPEP.

Cette décision a pris effet le 1er mai, tel « un pavé jeté dans la mare ». Elle fragilise une région déjà éprouvée par la guerre et pourrait avoir des conséquences au-delà du seul Moyen-Orient.

Qu’est-ce que l’OPEP ?

L’OPEP a été créée en 1960 par cinq pays : Iran, Irak, Koweït, Arabie saoudite et Venezuela. Elle vise à défendre les intérêts des principaux pays exportateurs de pétrole en coordonnant la production pour assurer des revenus stables à ses membres. En effet, lors de sa création, le prix du baril avoisinait les 5 $. Ce n’était pas assez pour eux. Ils avaient besoin que les prix soient plus élevés afin de s’assurer davantage de revenus pour leur croissance.

Concrètement, les pays membres se mettent d’accord pour limiter ou augmenter leur production en fonction des prix du baril souhaités : plus l’OPEP produit de barils, plus les prix sont bas ; moins elle produit, plus les prix sont hauts. De ce fait, plus l’OPEP regroupe de pays, plus l’organisation est puissante.

Aujourd’hui, on parle de l’OPEP+. Elle rassemble désormais 22 pays.

La bataille des prix

Elle se produit avec l’arrivé du pétrole issu de la fracturation hydraulique (gaz de schiste)

Dans les années 2000, la Chine émerge. Elle a besoin de beaucoup de pétrole pour ses usines et sa population. Cette hausse de la demande mondiale fait monter les prix jusqu’à 140 $ le baril. Les États-Unis en profitent alors pour exporter du pétrole issu par la technique de la fracturation hydraulique dont la production devient désormais rentable. En effet, au-delà de 65 $ le baril, les producteurs américains commencent à gagner de l’argent. En réaction, l’OPEP augmente sa production pour faire baisser les prix et tenter ainsi de « tuer » le pétrole américain.

En définitive, les pays de l’OPEP+ jouent sur leurs quotas de production pour que le prix du baril reste stable autour des 63 $, c’est-à-dire un baril suffisamment cher pour gagner de l’argent, mais pas trop, afin de rendre inintéressant le pétrole américain.

Quelles conséquences ?

Les EAU ont quitté l’OPEP+ car ils souhaitent notamment pouvoir produire une quantité de barils supérieure à leur quota autorisé. En effet, ils auront besoin d’argent pour financer la reconstruction des infrastructures détruites par la guerre au Moyen-Orient.

Mais le retrait des EAU contribue à fragiliser le pouvoir de l’OPEP, alors que certains de ces membres, comme l’Arabie, auront besoin de stabiliser le prix du baril pour leur développement. Ainsi, sur le plan régional, la fracture entre les EAU et l’Arabie va s’accroître.

Enfin, au plan mondial, cette décision pourrait conduire à une baisse relative des cours mondiaux du pétrole, puisque l’offre va augmenter. Encore faut-il que le détroit d’Ormuz réouvre…

Gilles 

Actuailes n°206 - 8 mai 2026


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