Nous avons parlé en mars de la maladie d’Alzheimer, expliquant qu’elle était la maladie neurodégénérative (dégradation des neurones) la plus fréquente. La suivante en fréquence est la maladie de Parkinson que nous allons tenter de décrypter aujourd’hui.
James Parkinson a donné son nom à cette maladie, en publiant en 1817 un article exhaustif qui la décrivait. Comme nous l’avons dit, il s’agit d’une maladie neurodégénérative lente.
Les symptômes
Il s’agit de la dégradation (perte) de neurones responsables de la production d’une molécule, dopamine, qui permet la coordination des mouvements. Des gestes simples comme écrire ou marcher, par exemple, deviennent difficiles.
Ainsi, la maladie se présente avec plusieurs signes principaux, le tremblement, le ralentissement général de tous les mouvements, une marche à petit pas, la perte de l’expression du visage (amimie: visage figé). Chaque personne atteinte aura l’un ou plusieurs de ces symptômes dans des proportions différentes. D’autres symptômes peuvent s’ajouter: dépression, sommeil agité, constipation, baisses de tension (pouvant entraîner des chutes par malaise), grande fatigue, douleurs des membres, perte de l’odorat, etc. En revanche, les personnes atteintes conservent leurs capacités de raisonnement et de mémoire.
Le diagnostic
Essentiellement clinique, avec examen et interrogatoire du médecin neurologue. Il sera complété par une IRM ou autre imagerie du cerveau, afin d’éliminer d’autres diagnostics.
Il y a plus de 250000 personnes atteintes de cette maladie en France, majoritairement des personnes âgées, mais la part des personnes d’une cinquantaine d’années n’est pas négligeable.
Nous ne connaissons pas clairement les causes, mais il est probable qu’un mélange environnemental et génétique soit en cause, notamment une exposition prolongée aux pesticides. En revanche, on ne peut pas dire qu’une personne qui a un parent atteint a plus de chances d’être lui-même atteint, sauf pour des formes rares.
Le traitement
Comme il s’agit d’une maladie où la dopamine manque, on peut soulager les symptômes en donnant un substitut de cette molécule. Le malade prend des comprimés plusieurs fois par jour à heure fixe, pour limiter ces phases «off» de la diminution de la coordination des mouvements.
Il est conseillé de pratiquer une activité physique très régulière, avec des séances de kinésithérapie. D’autres thérapies plus rares peuvent également être proposées.
Il s’agit d’une maladie d’évolution lente, mais malheureusement irrémédiable. Si l’on ne meurt pas directement de cette maladie, le handicap devient de plus en plus important et peut conduire à des complications. Les médicaments et la prise en charge ralentissent cette évolution, mais nous n’avons pas encore trouvé de solution pour la guérir. Nos chercheurs, au même titre que pour la maladie d’Alzheimer, travaillent d’arrache-pied pour trouver une issue, et des progrès sont faits dans la connaissance de la maladie. Peut-être aurais-je la joie d’écrire un article dans les années à venir décrivant une nouvelle piste encourageante en ce sens! En tout cas, si vous avez dans votre entourage quelqu’un atteint de cette maladie, n’hésitez pas à l’entourer et l’encourager. Il est très difficile de se voir ainsi diminuer…
Dr Emmanuelle Fernex
Actuailes n°206 - 8 mai 2026
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