Le nageur français Stève Stievenart, surnommé «Le Phoque», est devenu le 19 avril 2026 le premier être humain à boucler la «Triple couronne du bout du monde». Une série de trois traversées extrêmes en Amérique du Sud, dans les eaux les plus hostiles de la planète.
Stève Stievenart a 48 ans et habite Wimereux, une petite ville du Pas-de-Calais. Il doit son surnom – «Le Phoque» – à sa capacité à nager dans des eaux glaciales, souvent sans combinaison. Depuis plus de dix ans, il enchaîne les exploits que personne d’autre n'avait jamais tentés.
Son palmarès donne le vertige. En 2024, il devient le premier nageur à traverser la Manche en hiver, considérée comme «l’Everest de l’endurance en eau libre». Il a aussi enchaîné plusieurs «Ice Miles»: 1,6km dans une eau à moins de 5°C à l’intérieur du cercle polaire arctique. Il a également signé la première traversée française du détroit de Gibraltar, du Bristol Channel, du détroit de Cook (Nouvelle-Zélande) et du lac Léman.
Pour Stève, la nage extrême est plus qu’un sport: «un voyage intérieur» animé par la volonté de «se reconnecter avec la nature».
La Triple couronne du bout du monde, un défi inédit
La «Triple couronne du bout du monde» est composée de trois traversées en Amérique du Sud: le détroit de Beagle, entre l’Argentine et le Chili, le détroit de Magellan, au Chili, et le Rio de la Plata, immense estuaire entre l’Uruguay et l’Argentine. Personne n’avait jamais réussi à enchaîner les trois.
Stève Stievenart a validé les deux premières étapes au début du mois d’avril 2026. Restait la plus longue: 43 km à parcourir dans le Rio de la Plata, un fleuve réputé pour ses vagues, ses courants et ses eaux troubles, mêlées au limon de l’Amazone.
Le départ est donné samedi 18 avril à 6 h 20 du matin, à Colonia, en Uruguay. Le nageur s’élance seul dans une eau agitée. Pendant près de 18 heures, il affronte des vagues et un vent qui ne faiblissent jamais. Il atteint enfin la côte argentine, à Punta Lara, au sud-est de Buenos Aires, le dimanche à 00h20. Temps officiel: 17 heures, 59 minutes et 33 secondes.
À la sortie de l’eau, enroulé dans une couverture de survie, il livre ses premiers mots, épuisé: «J’ai eu des vagues et du vent tout le temps, pas un moment d’accalmie. Le Rio de la Plata, ça se mérite!» Il dédie l’exploit à ses enfants, restés en France.
Et après ?
Avec cette triple couronne, Stève Stievenart entre dans une catégorie à part: celle des nageurs pionniers, qui ouvrent des routes que personne n’avait osé emprunter. Mais, connaissant le bonhomme, il y a peu de chances qu’il s’arrête là. L’appel du large et des eaux glacés est infini, pour la plus grande admiration de tous les amateurs d’exploits sportifs.
ThéophileSigognac
Actuailes n°206 - 8 mai 2026
Actuailes 2026 © Tous droits réservés. Conditions d'utilisation with & by Website-modern - Se connecter