En visite officielle aux États-Unis, le roi Charles III a évoqué les rivalités anciennes entre les puissances coloniales européennes, il a rappelé avec humour que les Britanniques et les Français ont tous deux marqué l’histoire de l’Amérique du Nord.
« Larguez les amarres ! » Le 2 mai 1780, 40 bateaux appareillent depuis Brest pour voler aux secours des insurgents américains. Ce sera l’épopée française qui changera le sort des colonies américaines !
De 1756 à 1763 sévit la guerre de Sept Ans, qui a repoussé les Français du Canada et de Louisiane. La couronne britannique en sort victorieuse, mais croule sous les dettes.
Elle entreprend donc de taxer les colons américains des Treize Colonies. « Taxés sans être représentés », les Américains basculent de l’indignation à la révolte armée : les accrochages de Lexington et Concord conduisent le roi George III à considérer les colonies en état de rébellion et justifient la guerre. Les Américains patriotes, opposés aux loyalistes fidèles à l’Angleterre, déclarent unilatéralement l’indépendance le 4 juillet 1776. Mais les Américains ont besoin d’aide.
Le royaume de France au secours !
C’est l’habile Benjamin Franklin qui va convaincre Louis XVI. Il fait miroiter des retombées économiques en cas de victoire française et la revanche possible sur la guerre de Sept Ans. Un temps sceptique, le roi prend sa décision lorsque la victoire des insurgents à Saratoga (1777) démontre leur crédibilité.
L’expédition est baptisée « particulière »
Elle projette 5 500 soldats de Brest à Newport (nord-est des USA). À sa tête, Rochambeau apporte les compétences militaires de la guerre moderne telle que livrée en Europe, ce qui permet d’entraîner les Américains : tactique, savoir-faire d’artillerie, de génie militaire, de médecine militaire et de cartographie. Les forces françaises vont mener une campagne inédite. Tout d’abord, une marche de 800 km vers le sud avec les troupes de Washington pour éviter New York, trop bien tenue par les Britanniques, puis l’attaque sur la péninsule de Yorktown. Après la victoire navale de la Chesapeake, l’amiral de Grasse instaure un blocus empêchant Lord Cornwallis, qui commande les tuniques rougesà terre, d’être renforcé ou de s’échapper. Ses redoutes cèdent alors sous les assauts franco-américains.
Ce succès est une brillante combinaison des forces françaises navales et terrestres : au niveau stratégique, car elles interviennent au même endroit, et tactique, du fait des compétences de chefs efficaces qui savent communiquer entre eux pour coordonner un succès collectif.
Dans un courrier au « Roi Très Chrétien », Washington exprimera toute sa gratitude devant la qualité des renforts reçus et leur rôle central pour une indépendance réelle gagnée de haute lutte !
Le savais-tu ?
Pourquoi les Français n’ont-ils pas été accueillis d’emblée en libérateurs en débarquant en Amérique ? Parce que la propagande anglaise les avait fait passer pour des gens méchants et malhonnêtes… La discipline et le panache français ont bien vite révélé la vérité et permis de gagner l’amitié américaine.
1 Colons américains ayant pris parti contre l’Angleterre, au cours de la guerre d’indépendance américaine.
2 Nom des troupes britanniques connues pour leur uniforme rouge.
3 Emplacement fortifié défensif à l’extérieur d’un fort plus grand.
4 Archives de la société des Cincinnati – Anderson House, Washington.
oncle Tom
Actuailes n°206 - 8 juin 2026
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