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Un soldat-poète engagé

18-05-2026 à 17:35:00

Philippe Drécourt, père de famille, soldat et poète, a fait paraître son deuxième recueil de poèmes. Illustrés de belles photos et de citations, ses poèmes éclairent le sens profond de l’engagement du militaire pour son pays, celui des parents pour leur famille, mais aussi l’engagement qui peut être dès aujourd’hui le tien envers ceux qui t’entourent. 

 

  • À première vue, qu’un soldat écrive de la poésie peut surprendre. Pourquoi avoir pris la plume? 

J’ai voulu témoigner aux jeunes qu’un soldat, au-delà de sa mission de défendre un territoire physique, défend aussi un paysage moral. J’y associe également les parents, et tous ceux qui sont engagés dans l’éducation et la jeunesse. Ils méritent aussi d’être encouragés à maintenir leur petite flamme ardente, celle que l’on appelle «l’idéal». C’est ma manière de transmettre à mon tour tout ce que j’ai reçu. 

 

  • Vos poèmes orientent notre regard et notre âme vers la beauté du service. Qu’est ce qui a forgé votre propre idéal? 

D’abord, ma foi catholique, transmise très tôt par mes parents, par le catéchisme, et la pratique des sacrements. Elle constitue le socle intérieur de mon idéal en donnant un sens profond à l’engagement et au sacrifice. Ensuite, il y a mon enracinement familial, avec ma position d’aîné d’une famille nombreuse, ce qui m’a formé à la responsabilité et à l’attention aux autres. 

Le scoutisme, et en particulier mon rôle de chef de patrouille, de troupe puis de groupe, ont été des étapes décisives. J’y ai appris la fraternité, la discipline, la contemplation de la nature et la joie de me donner pour les autres. C’est là que mon idéal a pris une forme concrète et joyeuse. 

La vie militaire est venue affermir cet idéal en me confrontant à l’exigence du réel avec courage, fidélité, sens du devoir et acceptation du sacrifice. Elle a donné à mes convictions une densité et une gravité particulières. Enfin, ma vocation de père et de poète a unifié ces influences, dans la famille comme dans l’écriture. Aujourd’hui, j’essaie d’incarner et d’exprimer un idéal humble, concret et profondément humain, où le service devient source de beauté. Ainsi, mon idéal n’est pas théorique, il est le fruit d’une vie traversée par la foi, la responsabilité, l’engagement et la contemplation. 

 

  • Quel est selon vous le sens profond de la vocation de soldat? 

Mon âme à Dieu, mon cœur à ma famille et mon honneur à ma patrie: telles sont les trois dimensions indissociables de l’engagement qui donnent le sens profond de ma vocation de soldat et qui façonnent ma vie. Le verbe d’action «servir» est commun à ces trois dimensions. C’est un état d’esprit, une disponibilité constante de l’être. C’est accepter de donner de son temps, de son énergie, parfois de sa vie, pour quelque chose de plus grand que soi. C’est l’antidote le plus puissant à l’individualisme et au cynisme qui minent parfois notre société. 

Servir la patrie, c’est se faire l’humble héritier de ceux qui, avant nous, ont combattu, bâti et rêvé la France. Clovis, saint Louis, Bayard et ses chevaliers, d’Artagnan et ses mousquetaires, les «grognards» de Napoléon, les «poilus» de1914, DeGaulle et les Forces françaises libres de 1940-1943, nos anciens d’Indochine et tous nos vétérans d’Afghanistan, du Mali et de la Centrafrique. C’est garantir à ceux qui viennent après nous, enfants, petits-enfants, la paix, la liberté et la prospérité. C’est porter l’uniforme ou agir dans l’ombre, mais toujours avec la même noblesse de cœur. 

 

  • Concrètement, quand on est en âge d’être au collège, comment œuvrer au bien commun? 

À l’âge du collège, œuvrer au bien commun ne passe pas par de grandes actions spectaculaires, mais par une multitude de gestes concrets, réguliers, qui construisent déjà une vraie manière d’engagement dans le monde. Il y a d’abord tout ce qui concerne la vie quotidienne au collège; être attentif aux autres, ne pas se moquer, intégrer quelqu’un qui est seul, calmer un conflit est une forme très réelle de service. Ensuite, il y a le service concret; aider un camarade en difficulté dans une matière, participer à des actions solidaires (collectes, projets de classe), s’engager dans sa paroisse (chorale, servants de messe, ménage, décoration, marché de Noël). Tout cela permet de contribuer à quelque chose qui dépasse sa propre personne. Dans cet esprit, on retrouve très directement les valeurs du scoutisme, où chacun est invité à rendre service de façon simple et concrète. Bien sûr, il y a aussi une dimension intérieure; prendre au sérieux son travail scolaire, faire de son mieux, développer ses talents, non pas seulement pour réussir individuellement, mais pour pouvoir ensuite être utile aux autres. Enfin, œuvrer au bien commun, c’est aussi apprendre à regarder autrement, voir ce qui manque autour de soi et se demander: « Qu’est-ce que je peux faire, moi, à mon niveau ? » Cela peut être très simple: dire merci, encourager quelqu’un, proposer son aide sans qu’on le demande. 

Azylis 

Pour se procurer ces recueils de poésie (excellentes idées de cadeaux pour la fête des pères et des mères!), rendez-vous sur le site de l’éditeur: Éditions Antique Artefact (pour chaque livre vendu, 1€ sera reversé aux orphelins du ministère des Armées). 

Actuailes n°207 - 20 mai 2026




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