Mon cher Georges,
Sais-tu que nous fêtons cette année les 200 ans de la photographie? C’est en effet en 1826 que Nicéphore Niépce, un inventeur français, a réalisé le premier cliché, une vue de son jardin, après plusieurs jours de pose.
En quelques années, la technique a progressé, réduisant le temps de pose et, un demi-siècle plus tard, les inventeurs ont cherché à immortaliser des instants, à la fois par l’image et le son. Thomas Edison, un inventeur américain, a en effet, quelques années plus tôt, conçu le phonographe, appareil qui permet d’enregistrer le son. Aussi ont-ils eu l’idée de prendre plusieurs photos à la suite d’une même action, et de les regarder les unes à la suite des autres, très rapidement.
Thomas Edison a donc mis au point deux appareils différents, le kinétographe et le kinétoscope, l’un pour prendre plusieurs photos des différentes étapes d’une même action, sur une pellicule en bande, et l’autre pour faire défiler cette bande devant l’œil du spectateur.
Le 20 mai 1891, cet appareil est suffisamment abouti pour être utilisé lors d’une démonstration. Il s’agit d’un boîtier en bois, ouvert sur le dessus pour permettre au spectateur de regarder à l’intérieur: dedans, un mécanisme permet de faire défiler devant l’ouverture les images les unes à la suite des autres devant une lampe puissante. La pellicule est également conservée dans le boîtier. Celui-ci est un meuble important, qui mesure 1,2 m de haut et pèse 75 kg.
Dès la présentation de cette invention, le succès est au rendez-vous et l’on voit apparaître, aux États-Unis où elle est née, puis en Europe, des «kinetoscope parlors», salles dans lesquelles plusieurs de ces appareils proposent au public – qui s’est acquitté d’un droit d’entrée – de regarder des saynètes enregistrées grâce à des kinétographes.
On ne peut toutefois pas encore parler de cinéma, car le kinétoscope ne peut être utilisé que par une ou deux personnes à la fois. Cependant, c’est le principe qui sera repris par les frères Lumière quelques années plus tard: je te conseille le passionnant documentaire Lumière ! L’aventure commence, de Thierry Frémaux, qui révèle une centaine de «vues Lumière», c’est-à-dire de films très courts tournés par Louis Lumière et ses opérateurs entre 1895 et 1905 (voir Actuailes n°167).
Voilà, mon cher Georges, quelques éléments de l’histoire qui nous permet maintenant de regarder un film, même si la technologie a bien évolué depuis: on peut regarder un film à plusieurs; et ce film est en couleurs et n'est plus un film muet! Et tout a encore changé, puisque maintenant les images sont numériques, et conservées sur des serveurs et des disques durs, et non plus sur des pellicules en nitrate de cellulose. Les changements techniques qui permettent aujourd’hui la vie telle que tu la vis sont passionnantes, tu ne trouves pas?
Je t’embrasse,
Tante Cécile
Actuailes n°207 - 20 mai 2026
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