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Offensive rebelle fulgurante au Mali

19-05-2026 à 19:51:00

Ce 25 avril, les djihadistes et les mouvements rebelles touaregs du nord du Mali lancent une offensive qui surprend les observateurs et révèle les fragilités du pouvoir militaire qui promettait de rétablir l’autorité de l’État sur tout le territoire. 

Les assaillants, avec les touaregs du FLA (Font de libération de l’Azawad), ont réussi à reprendre Kidal, capitale du nord du pays, chassant l’armée malienne et ses alliés russes du groupe Africa Corps, dont l’évacuation a dû être négociée avec les rebelles. Cette ville du nord du pays avait une portée hautement symbolique pour la junte militaire au pouvoir. En novembre 2023, sa reconquête par l’armée malienne était présentée comme une victoire historique. ÀBamako, les autorités parlaient d’un tournant décisif dans la lutte contre les groupes armés. Moins de trois ans plus tard, la perte de Kidal sonne comme un désaveu brutal. 

Des attaques diversifiées 

Le choc ne s’est pas arrêté au nord du pays. Plusieurs attaques coordonnées ont visé différentes positions militaires dans le centre et, plus inquiétant encore, dans le sud du pays. Ainsi, Kati, ville-garnison située tout près de Bamako et cœur du pouvoir militaire malien, a subi une attaque qui a coûté la vie au ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, homme fort de la junte. Les assaillants ont utilisé drones et véhicules piégés et mené des attaques éclair, montrant un niveau d’organisation rarement atteint. 

Départ de la France 

Derrière ces revers militaires, toute la stratégie sécuritaire de Bamako vacille. En effet, les autorités maliennes avaient forcé en 2022 le départ des soldats français de l’opération Barkhane, prenant le pari d’une coopération renforcée avec la Russie. Les hommes du groupe Wagner (Africa Corps désormais) devaient permettre à l’armée malienne de reprendre l’initiative. Sur le terrain, les résultats de cette coopération apparaissent aujourd’hui très discutables. 

Tensions dans la capitale 

Les groupes djihadistes opérant dans le sud du pays imposent depuis l’offensive un blocus sur l’approvisionnement en carburant de la capitale, Bamako, et mettent la pression sur le pouvoir malien. L’ambiance générale dans la capitale est de plus en plus tendue: les contrôles sécuritaires s’y multiplient, les déplacements militaires y sont visibles et les rumeurs de nouvelles attaques circulent quotidiennement. 

À ce jour, l’attaque semble avoir été stoppée, et Bamako a repris l’initiative militaire dans certaines zones du pays. Cependant, beaucoup d’observateurs estiment que le régime malien pourrait tomber dans les prochains mois si la dynamique n’est pas inversée rapidement. 

Sacha Balbari

Actuailes n°207 - 20 mai 2026


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