Dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis ont lancé le 13 avril le blocus des ports iraniens.
Plus de 15 navires de guerre américains, dont 2 porte-avions, croisent à la sortie du golfe arabo-persique pour empêcher le trafic maritime vers ou depuis les ports iraniens. En tirant au besoin sur les bateaux. À quoi cela rime-t-il?
On le sait, depuis le 28 février 2026, la guerre fait rage au Moyen-Orient. L’alliance israélo-américaine a détruit l’essentiel de la flotte de guerre de l’Iran et ses défenses anti-aériennes. Mais le pays des mollahs résiste toujours grâce à une arme redoutable qu’il a mise en place dès les premières heures du conflit: le blocage du détroit d’Ormuz.
À l’origine: un blocage iranien
Ce détroit est une bande de mer, offrant deux couloirs de navigation d’environ 4 km chacun, bordée au Nord par la côte iranienne. Depuis les falaises rocheuses, les gardiens de la révolution peuvent cacher des vedettes maritimes ou tirer sur les bateaux tentant de forcer le passage. Ils ne laissent passer que ceux dont les nations ont conclu un accord avec Téhéran ou qui lui payent un droit de passage onéreux. Depuis, une vingtaine de cargos commerciaux au moins ont été attaqués. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Le trafic est paralysé. À la mi-mars, il y avait 1060 bateaux en position d’attente, dans le golfe, à l’est du détroit.
Les conséquences de ce blocage sont désastreuses: hausse des prix des hydrocarbures, raréfaction des engrais, tension sur l’hélium nécessaire aux nouvelles technologies…
La réponse «du berger à la bergère»
En réaction à la stratégie mise en place par l’Iran, les États-Unis ont décidé de mettre en place leur propre blocage. Tandis que les gardiens de la révolution interdisent le passage du détroit en exerçant une pression sur le détroit lui-même, les Américains ont positionné une flotte de guerre à sa sortie orientale. Depuis la mise en place de ce barrage américain, 130 bateaux en provenance ou à destination de l’Iran auraient été arraisonnés.
En fermant le détroit, les Américains espèrent que les Iraniens vont l’ouvrir à nouveau. La guerre, visant initialement l’appareil étatique de Téhéran et son arsenal nucléaire, semble avoir changé d’objectif.
Blocage d’Ormuz: nouvelle arme nucléaire iranienne?
En définitive, l’Iran, agressé au début de la guerre, a gagné une position de force. En exerçant une pression inédite sur le commerce mondial, Téhéran est parvenue, d’une certaine manière, à dicter le calendrier des opérations militaires américaines.
Ce blocage iranien est une arme efficace. Non létale, mais terriblement redoutable. En l’utilisant, les Iraniens parviennent à forcer la main aux États-Unis, la première puissance mondiale. À l’avenir, probablement, les ennemis de l’Iran réfléchiront à deux fois avant de s’en prendre à lui. La menace du détroit sera dissuasive. Une sorte de nouvelle arme nucléaire.
Gilles
Actuailes n°208 - 10 juin 2026
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