Les relations entre l'Afrique et les États-Unis ont une histoire riche et complexe, de la migration forcée ou volontaire d’une large diaspora africaine sur le continent américain à l’opportunité stratégique offerte par certains partenariats développés par l’administration américaine.
L'histoire des relations entre l’Afrique et les États-Unis commence avec le commerce des esclaves. À partir du XVIe siècle, des millions d’Africains sont envoyés de force en Amérique pour travailler dans des plantations. Ce phénomène a profondément marqué les sociétés africaines et américaines. Les descendants de ces esclaves, appelés Afro-Américains et au nombre de 48 millions dans le pays en 2026, ont joué un rôle crucial dans le développement de la culture, la musique (gospel, hip hop), la mode et les luttes pour les droits civiques aux États-Unis.
Le XXe siècle et l’éveil des nations africaines
Au milieu du XXe siècle, de nombreux pays africains ont obtenu leur indépendance. Les États-Unis ont donc commencé à établir des relations diplomatiques au gré de leurs intérêts. Le Bureau des Affaires africaines du département d’État n’est créé qu’en 1958, et les premiers peace corps sont ensuite envoyés en Tanzanie et au Ghana (sur l’impulsion du célèbre président Kwame Nkrumah) dans le cadre de l’USAID. Cette nouvelle politique africaine s’est basée sur un intérêt stratégique unique: tenir ces pays hors de l’orbite soviétique. Pendant la guerre froide, les États-Unis fournissaient ainsi des armes aux Africains en échange d’accès stratégiques ou de soutien idéologique, afin de contrer l’influence de l’URSS.
Les années 1980 et 1990 : lutte contre l’apartheid
Les années 1980 ont marqué un tournant dans les relations entre l’Afrique et les États-Unis, surtout avec la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Longtemps «neutres», car bénéficiant du commerce de minerais avec l’ex-Rhodésie, les États-Unis – sous la pression de mouvements populaires – ont finalement imposé des sanctions contre le régime sud-africain en 1986. Ces actions ont indirectement contribué à la libération de Mandela en 1990 et à la fin de l’apartheid.
Le XXIe siècle : collaboration et défis
Au tournant du XXIe siècle, les relations entre l’Afrique et les États-Unis ont évolué vers une coopération voulue plus large (santé, éducation et lutte contre le terrorisme). En 1997, le président Clinton lance le «partenariat afro-américain pour la croissance». L’initiative PEPFAR, lancée par George W. Bush, a permis d’apporter une aide significative à la lutte contre le VIH. Enfin, plus récemment, le président Biden a multiplié les visites de haut rang pour reprendre la main économiquement. La stratégie américaine pour l’Afrique est en réalité nettement plus influencée par son retard commercial sur la Chine (échanges avec Pékin quatre fois plus importants) que par ses antagonismes avec la Russie. Cet effort de développement s’est fortement ralenti sous la présidence de D.Trump, même si les États-Unis conservent de nombreuses bases sur le continent (drones, …).
N’ayant jamais été une puissance colonisatrice du continent africain, les États-Unis n’accordent qu’une importance limitée à ce continent éloigné de leur sphère et qui a pourtant durablement influencé leur pays. Ils se permettent donc d’entretenir une relation beaucoup plus décomplexée que la France, au gré de leurs intérêts économiques, sécuritaires et diplomatiques.
Guillaume
Actuailes n°208 - 10 juin 2026
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