La rentrée est bien lancée avec la perspective des devoirs et nombreux travaux à produire… L’installation de l’IA (intelligence artificielle, telle ChatGPT...) dans nos vies offre une tentation réelle de s’appuyer sur elle pour rendre des copies exceptionnelles… Mais à quel prix pour nos cerveaux?
Une équipe du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a mesuré durant 4 mois l’activité cérébrale (par électroencéphalogramme) de 54 personnes rédigeant plusieurs essais. Ils étaient séparés en 3 groupes: l’un rédigeait avec l’aide de l’IA, l’autre avec recherche sur Google et le dernier sans aide extérieure (cerveaux seuls).
Activité du cerveau durant les essais
Il a été observé que les connectivités cérébrales de ceux qui utilisaient un moteur de recherche étaient inférieures de 34 à 48% par rapport au groupe «cerveau seuls». Quant à celles du groupe IA, elles étaient inférieures de 55% à celles de ce groupe.
Par ailleurs, les chercheurs ont noté que les personnes du groupe IA étaient pour la plupart incapables de citer une phrase qu’elles avaient écrite, au contraire de celles du groupe «sans aide», le groupe Google étant plus mitigé.
Enfin, lors du dernier essai, certains membres du groupe IA ont rédigé sans aide, et les chercheurs ont noté que leur activité cérébrale restait plus basse …
Analyse des essais
Dans le groupe IA, les personnes travaillent plus la supervision, l’optimisation, la validation, mais pas le travail de la pensée autonome, qui stimule une zone cérébrale essentielle pour l’activité cognitive (mémoire, raisonnement, réflexion, concentration, etc.). Cette dernière activité est bien développée dans le groupe «cerveaux seuls». Enfin, le groupe travaillant avec Google va plus stimuler la sphère visuelle et celle qui lie l’œil et l’action, délestant également en partie la capacité de réflexion.
Qu’en conclure?
Le cerveau est un muscle qui se développe au fur et à mesure des stimulations et des apprentissages. Si un outil fait le travail à sa place, il s’économise. C’est ainsi le cas de la calculatrice pour le calcul, le repérage dans l’espace avec le GPS; avec les IA, c’est le raisonnement. Et, encore plus que les calculs et repères dans l’espace, le raisonnement s’atrophie lorsqu’il n’est pas stimulé.
Entre l’efficacité immédiate ou le gain de nos capacités cognitives à moyen/long terme, il faut choisir! Bonne année scolaire qui vous permettra de muscler votre cerveau avec les apprentissages, et en particulier celui de l’effort!
Le savais tu?
En plus de ses quatre-vingt-six milliards de neurones, notre cerveau peut traiter jusqu’à un milliard d’opérations par seconde, résultat hors de portée de la plupart des ordinateurs, à l’exception de supercalculateurs qui utilisent l’énergie électrique d’une petite ville pour y parvenir, alors que nous nous contentons d’une pomme et d’un sandwich! Notre pouvoir sur notre cerveau est plus grand que ce que nous croyons.
«Un enfant va reconnaître un chat ou un chien après en avoir vu quelques-uns, alors que l’IA a besoin de millions de données pour s’entraîner.»
Docteur Emmanuelle Fernex
Actuailes n°209 - 25 septembre 2026
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