Du 25 au 28 septembre, le pape Léon XIV effectuera sa première visite apostolique en France. Un moment qui s’annonce historique pour notre pays.
Il se rendra tout d’abord à Paris, puis à Lourdes et enfin à Metz. Des centaines de milliers de personnes sont attendues pour les différents rendez-vous qui jalonnent cette visite. Elle est particulièrement attendue, car chaque visite d’un pape revêt un caractère historique de par son ampleur et les messages qui y sont délivrés. Et elle marque l’attachement du souverain pontife pour notre pays et ses habitants, mais aussi son histoire et sa géographie.
Les précédentes visites
Cela faisait 18 ans que les Français attendaient cela. Le dernière visite officielle d’un pape – Benoît XVI à Paris et à Lourdes – fut en 2008. C’était à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à la grotte de Massabielle à Lourdes. Le saint pape Jean-Paul II s’était rendu 8fois en France, prononçant cette phrase en 1980, qui est depuis rentrée dans l’Histoire: «France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême? » Faisant référence au baptême de Clovis et à ses racines chrétiennes, il interpellait directement notre pays sur sa fidélité spirituelle. Quant au pape François, il est venu 3 fois en France, mais jamais en visite officielle et donc jamais à Paris. À chaque fois, les papes ont délivré un message fort. Quel sera celui de Léon XIV?
Le programme
Sous le thème «Pour que le monde ait la vie», Léon XIV débutera sa visite à Paris le vendredi 25 septembre à 10h00. À cette occasion les cloches de toutes les églises de France sonneront à l’unisson pendant 7 minutes. Il s’agit d’un geste de bienvenue. À Paris, les cloches sonneront à nouveau à 17h00 lors du passage du Saint-Père dans les rues de la capitale.
Après avoir atterri à Orly, il se rendra à l’Élysée, à l’UNESCO et à Notre-Dame pour les vêpres, avant de rejoindre le Stade de France pour une grande veillée avec les jeunes. Le samedi, le successeur de Pierre célébrera une messe place de la Concorde devant des centaines de milliers de fidèles. Puis il se rendra à Lourdes où il célébrera la messe dominicale. Son voyage s’achèvera à Metz le lundi 28 avec une messe à 16h00 dans la cathédrale Saint-Étienne.
L’organisation
L’ampleur de cette visite et la personnalité du pape nécessitent une organisation hors norme. Les chiffres peuvent donner le tournis. Alors que les organisateurs attendaient 300000 fidèles place de la concorde pour la messe du samedi, le double était déjà inscrit une semaine avant l’événement. Plus de 80000 jeunes assisteront à la veillée du Stade de France, les places étant parties en quelques heures. Afin de couvrir cette visite, 2500 journalistes du monde entier seront présents. Il s’agit d’un record en France. L’État va se concentrer sur la sécurité en déployant 15000 policiers et gendarmes. Et 12000 bénévoles assureront la logistique, l’accueil et la sécurité en plus des policiers. Le budget est estimé à 27 millions d’euros, entièrement à la charge de l’Église en raison du caractère laïc de notre pays. Tout le financement reposera donc sur la générosité des Français.
Un protocole précis
Depuis 1905, l’État s’est séparé de l’Église et a mis fin au financement et à la reconnaissance des cultes. Notre pays est donc un pays laïc, ce qui est assez rare dans le monde. Cela rend un peu plus complexe le protocole, d’autant que le pape est à la fois un chef d’État et le chef de l’Église catholique.
Il s’agit ici avant tout d’une visite apostolique. Cela signifie que Léon XIV se déplace comme chef de l’Église catholique. Les cérémonies religieuses occupent donc la place centrale. Mais, comme le pape est aussi le chef de l’État de la cité du Vatican, il sera reçu comme tel de manière officielle par les autorités françaises. Ainsi, le président l’accueillera à son arrivée à l’aéroport, puis le Souverain Pontife sera reçu à l’Élysée. Mais le protocole réservé à un chef d’État sera allégé: pas de fanfare et de détachement militaire, pas de repas de gala ni de remise de Légion d’honneur. En raison du caractère laïc de notre État, ses représentants n’ont pas le droit de faire des signes religieux comme un signe de croix ou baiser l’anneau du pape. En revanche, ils pourront l’appeler «Votre Sainteté», selon l’usage protocolaire ou encore assister à la messe.
Quelle tenue?
Au sujet de la tenue vestimentaire, elle est différente d’une visite privée à Rome, où les femmes doivent porter une mantille et être habillées en noir, le blanc étant réservé aux reines catholiques. Ses interlocuteurs devraient donc être habillés avec des vêtements sobres, couvrants pour les femmes. Enfin, toujours en raison de la loi de 1905, les rues ne pourront être pavoisées de drapeaux du Vatican, en raison de son statut d’État confessionnel. Seul le logo de l’événement sera mis en avant.
La visite du pape Léon XIV s’annonce donc comme un moment historique qui ravit d’avance les catholiques français. Si le programme est connu, la portée et la nature du message restent encore inconnues. Mais nul doute qu’ils façonneront l’avenir des catholiques de France qui attendent beaucoup de cette venue.
Le savais-tu?
En 1980 lors de la conclusion de sa messe du Bourget, le saint pape Jean-Paul II prononçait cette phrase: «France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême? France, fille aînée de l’Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’Homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle?» Mais à quoi faisait-il référence?
La notion de fille aînée de l’Église remonte au baptême de Clovis le 25 décembre 496 dans la cathédrale de Reims. Et, dès le XVe siècle, les rois de France sont appelés «fils aînés de l’Église». La France est qualifiée d’éducatrice des peuples en raison des milliers de missionnaires qui sont partis évangéliser le monde. Mais aussi pour les nombreux saints et papes qui jalonnent son histoire et ont profondément marqué la chrétienté.
Le savais-tu?
UNESCO: il s’agit de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture. Créée en 1945, son siège est à Paris. Elle œuvre au développement de l’accès à une éducation de qualité, à la protection du patrimoine culturel mondial et encourage la coopération scientifique. 194pays en font partie.
Julien Magne
Actuailes n°209 - 25 septembre 2026
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