En raison de la guerre au Moyen-Orient, le prix des carburants a fortement augmenté en France. Les conséquences sont importantes pour les consommateurs et les professionnels.
Avec un prix du diesel aux alentours de 2,4 € par litre, le pouvoir d’achat de nombreux Français diminue fortement et remet en cause la survie des activités des professionnels.
Les raisons
La France ne produit pas de pétrole et doit l’importer. Or cette matière première est essentielle pour nos déplacements privés et pour de nombreux professionnels: pêcheurs, chauffeurs de taxi ou de poids-lourds, livreurs, agriculteurs… Toute montée des prix a des conséquences sur une large majorité des Français.
Ces derniers mois, les prix ont flambé en raison de la crise au Moyen-Orient et de la fermeture des principaux points de passage du pétrole, ainsi que de l’arrêt des achats de pétrole russe depuis que la Russie a envahi l’Ukraine (février 2022). Il y a donc une pénurie mondiale. Pour les mêmes raisons géopolitiques, les prix du gaz sont également au plus haut.
Les conséquences
Beaucoup de français ont dû renoncer à des déplacements non prioritaires. Pour les gros rouleurs qui ne peuvent pas faire autrement, cela a un effet direct sur leur pouvoir d’achat. En effet, une personne qui habite loin de son travail, dans une zone de campagne où il n’y a pas de transport en commun, aura moins d’argent disponible pour épargner ou consommer. C’est très pénalisant pour l’économie. D’autant plus que, au même moment, le prix de nombreux produits augmente, car leur production ou le coût de leur transport coûtent plus cher.
Des solutions possibles?
En France, le prix du carburant est réparti en 3 (en schématisant). Environ 50% du prix d’un plein d’essence est de l’impôt. Il y a ensuite les coûts de raffinage et de transport. Seulement 25% du prix total est lié au prix du pétrole brut, et celui-ci monte actuellement. Néanmoins, si les prix de ce pétrole, extrait en Arabie saoudite ou en Algérie, augmentent de 50%, le prix à la pompe ne s’élèvera que de 50% de 25%, soit 12,5%. C’est moins brutal.
Les 50% de taxes mettent une forte pression sur le gouvernement, car la baisse des taxes sur l’essence serait la seule solution à court terme, puisque notre faiblesse militaire et diplomatique ne nous permettent pas de peser sur les conflits en cours.
Toutefois, le gouvernement rencontre deux difficultés. Tout d’abord, certaines décisions européennes réglementent les taxes. Et surtout, l’État est très endetté et a donc peu de marge de manœuvre. L’autre piste concernerait le raffinage, c’est-à-dire la transformation de pétrole brut en essence. Les profits des entreprises de raffinage ont explosé, car le prix est fixé par la loi de l’offre et la demande. Mais il est difficile pour l’État d’intervenir en demandant une baisse des coûts, car cela risquerait d’engendrer des pénuries.
La suite
Face à cette hausse des prix et à ses conséquences sur leur vie quotidienne, la colère et l’inquiétude des Français montent. Et l’État peine à y répondre. Une forte réaction comme un retour des «gilets jaunes» n’est pas à exclure. Cette exaspération pourrait aussi se répercuter dans les urnes lors des élections présidentielles de mai 2027; les Français voteraient pour le candidat qui leur semble le plus compétent pour répondre à leurs besoins concrets.
Julien Magne
Actuailes n°209 - 25 septembre 2026
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