facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo Linkedin logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro

Paul Seixas ou l’éloge de la maturité

24-09-2026 à 08:46:33

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »

En voyant Paul Seixas, 19 ans, gagner une médaille de bronze au championnat du monde de cyclisme contre-la-montre ce week-end, Pierre Corneille, l’auteur de cette citation[1], ne se serait sûrement pas dédit. Monter sur le podium d’une compétition aussi relevée que prestigieuse est déjà une belle réussite. Le faire avant ses 20 ans est un exploit. Mais un exploit n’arrive pas par hasard. Si les circonstances de la course ont été favorables au surdoué français, sa gestion de l’événement, sa capacité à encaisser la pression et son intelligence sportive ont fait le travail.

Une personnalité exceptionnelle

Nous tenons là un gamin exceptionnel, qui ne cesse d’impressionner par ses qualités physiques, mais aussi par la maturité de chacune de ses interventions médiatiques. Il n’y a pas que ses résultats qui parlent pour lui, il y a cette personnalité étonnamment dense pour un si jeune garçon, taillée pour un costume de champion. Paul Seixas n’est pas seulement un compétiteur hors pair, c’est un jeune homme d’une humanité remarquable, toujours fair-play dans ses interventions, mais aussi incroyablement professionnel. Il a géré ce CLM avec sérieux et sagesse, restant prudent dans les courbes, attaquant sans prendre de risques exagérés et montant en intensité au fur et à mesure qu’il avalait les kilomètres. À la fin, le résultat est là : il arrive en 3e position derrière les deux plus grands spécialistes du moment de l’exercice chronométré. 11 ans qu’un Français n’était pas monté sur le podium, il y a de quoi se réjouir !

2026, des résultats prometteurs

On a souvent cette tendance en France à s’enflammer quand on croit voir des graines de star émerger. C’est une habitude délétère, qui ne laisse pas de temps à la jeunesse et qui a détruit bon nombre de jeunes champions à force de pression populaire et médiatique. Mais Paul Seixas semble être étranger à cette pression. Il est fait d’un bois particulier, qui résiste aux impacts. Seul Français vainqueur d’une compétition World Tour depuis plus de 20 ans cette année, en remportant le Tour du Pays basque, 4e au tour de France, 2nd au grand prix de Québec il y a quelques jours, il ne cesse d’aligner des résultats prometteurs et de confirmer son statut de meilleur cycliste tricolore sans se laisser griser.

Si l’on devait retenir quelque chose de cet exemple, c’est qu’on n’est jamais trop jeune pour viser les sommets, qu’un succès se construit avant tout dans la tête, qu’il faut croire en ses capacités et provoquer la chance. Il faut une bonne dose de courage au quotidien, du courage des héros, de celui qui accepte patiemment son labeur. Il faut de la confiance mêlée d’humilité, être à l’écoute des plus expérimentés. Il faut enfin de la hargne, un sens aigu de la compétition, car les temps qui viennent ne manqueront pas de nous donner de bonnes raisons de baisser les bras.

Alors, inspirez-vous des meilleurs, car on n’est pas faits pour rester médiocre, on est faits pour l’excellence. Au travail !

Actuailes n°209 - 25 septembre 2026

 

 

[1] P. Corneille, Le Cid, acte II, scène 2.


0 vote


Imprimer