Lors d’une conférence de presse donnée le 18 septembre, le président de la République a appelé l’Union européenne à assouplir les normes sur les carburants.
Sur ce sujet, l’inquiétude est dans tous les esprits. Il manque plusieurs millions de barils par jour pour faire fonctionner l’économie mondiale. En effet, cette énergie est bloquée dans le golfe Persique. La guerre en Iran, autour du détroit d’Ormuz, empêche l’export du pétrole et du gaz. Non seulement les pays producteurs de la région risquent de voir leurs finances s’effondrer, faute d’assurer ces ventes, mais, une fois les stocks consommés, ce sont les économies française et européenne qui pourraient en pâtir.
Pour bien comprendre
Il faut se rappeler que le pétrole et le gaz sont indispensables dans notre vie quotidienne : propulsion des moteurs, chauffage, plastiques, routes… De plus, ils sont produits dans quatre grandes zones mondiales : le Moyen-Orient, dont nous venons de dire que leur accès se raréfiait, la Russie, où leur acquisition est interdite depuis le début de la guerre en Ukraine, le golfe de Guinée et l’Amérique (Venezuela et États-Unis, notamment). Cela impacte donc fortement le prix des carburants qui monte au fur et à mesure qu’ils s’amenuisent. À ce titre, le gazole vient de dépasser les 2,4 € par litre.
L’Europe
Le président de la République, Emmanuel Macron, se tourne donc vers la Commission européenne pour demander qu’une véritable stratégie soit mise en place. De manière surprenante, ce choix n’est pas tout à fait à la main de la France. C’est l’Union européenne (UE) qui fixe les règles en la matière. Ainsi, le président demande que soient assouplies les normes qui règlementent le raffinage des carburants, afin d’en augmenter les volumes produits. Mais cela contreviendrait aux mesures écologiques en vigueur dans l’UE. En diminuant l’indice d’octane, les véhicules pollueraient plus.
Le choix est donc cornélien : polluer et maintenir l’économie en fonction, ou conserver les normes et risquer une crise grave.
D’autres solutions ?
En réalité, il existe d’autres options qui ne sont pas étudiées. Les taxes, qui contribuent au prix du carburant autour de 50 %, pourraient être baissées – mais cela diminuerait les rentrées d’argent de l’État, alors que la crise budgétaire pointe aussi son nez. Reprendre des contacts avec des pays producteurs d’hydrocarbures permettrait de refaire des stocks et de faire fonctionner notre économie – mais cela contreviendrait au positionnement de la France sur la scène internationale.
Enfin, cette crise est peut-être aussi l’occasion de sensibiliser les Français à développer l’usage de l’électricité à la place des énergies fossiles. Mais peut-on vraiment tout faire avec l’énergie électrique ? La fiscalité liée à l’électricité, au sein de l’Europe, permet-elle véritablement de bénéficier d’une énergie peu chère et disponible[1] ? Gageons, quoi qu’il en soit, que cette crise laissera des traces durables.
[1] Cf. article « L’Europe et la production d’électricité ? », Actuailes n° 206.
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