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Une prouesse médicale française : l’implantation d’un cœur synthétique

Une prouesse médicale française : l’implantation d’un cœur synthétique

07-05-2015 à 21:21:30

Une prouesse médicale française : l’implantation d’un cœur synthétique (25/03/2015)

Au mois de janvier une prouesse médicale a été annoncée par des chirurgiens et ingénieurs français : ils ont implantés en août 2014 dans le corps d’un malade un cœur totalement synthétique. A ce jour, le patient a repris une vie normale. Le cœur, qui assure la circulation du sang et sans lequel on ne peut pas vivre, peut être atteint par différentes maladies et cesser de fonctionner correctement : c’est l’insuffisance cardiaque. Lorsque celle-ci ne répond plus aux traitements, on parle d’insuffisance cardiaque terminale, qui conduit à la mort. Les médecins essayent dans ce cas de remplacer le cœur du patient. Ils réalisent déjà depuis 1967 des transplantations cardiaques humaines : lorsqu’une personne meurt avec un cœur en bonne santé (donneur), on peut remplacer le cœur du malade (receveur) par celui-ci. Le problème majeur de cette intervention est la rareté des donneurs alors que beaucoup de patients attendent une greffe. C’est pourquoi le Professeur Carpentier a travaillé plus de 30 ans pour créer un cœur totalement synthétique pouvant remplacer un cœur humain: il fonctionne grâce à deux pompes qui font circuler un liquide de silicone dans une membrane souple afin de mimer les contractions d’un vrai cœur. Les difficultés  pour parvenir à ce résultat étaient d’abord la taille du cœur qui ne pèse que 300 g chez l’homme et contient 0,7 litres : pour pouvoir le mettre dans la cage thoracique il ne fallait pas trop dépasser ces mesures : le cœur CARMAT (nom de l’entreprise qui le fabrique) pèse 900g et contient 0,75 litre. Il était nécessaire aussi qu’il puisse s’adapter aux besoins du corps : quand nous faisons un effort par exemple, notre cœur se contracte plus vite pour apporter plus d’oxygène aux muscles sans que nous le commandions. Le cœur CARMAT peut aussi s’adapter car en le greffant on garde une partie du cœur du malade, l’oreillette, où l’on place des capteurs de vitesse et de pression de sang : un petit boitier électronique règle les mouvements du cœur synthétique en fonction de ces capteurs. Il fallait enfin empêcher la formation de caillots (bouchons de sang) qui se forment lorsque le sang est en contact avec une matière artificielle : le Pr Carpentier a donc recouvert tout l’intérieur de sa machine avec du péricarde (membrane qui entoure le muscle du cœur) de veau, ce qui évite ce problème. Pour faire fonctionner le cœur synthétique qui est placé dans l’organisme, le patient doit transporter un sac de 3 kg contenant l’électronique et la batterie (pile) de sa prothèse, et la recharger toutes les 4 heures, mais il peut vivre normalement.

Anne-Sophie Biclet




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