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Le sens de la fête

Le sens de la fête

27-01-2021 à 07:43:20

Le cinéma vient de perdre prématurément un de ses grands acteurs, Jean-Pierre Bacri. Incarnation du Français râleur, bougon mais au cœur d’artichaut, il a tourné et écrit bon nombre de films et de pièces de théâtre. Politiquement engagé à la ville, il respectait, dans son écriture ou dans le choix de ses rôles, toutes les sensibilités. Jamais méchant, toujours sensible.

C’est ainsi qu’en 2018 le tandem Toledano-Nakache (cf. Actuailes n° 119 : Hors Normes) a écrit et réalisé Le Sens de la Fête en offrant à Bacri un rôle sur mesure : il y interprète Max, patron un peu las d’une entreprise qui organise des réceptions de mariage clé en main. Le film est découpé en huit chapitres qui se déroulent sur une de ses journées de travail.

Dès la première scène, l’âpreté de son métier est exposée de manière hilarante, puis la gestion de tous ses problèmes s’enchaîne, qu’ils soient professionnels ou personnels. Le film installe ainsi ses personnages, tous entiers et volontiers antagonistes, et, quand le titre s’inscrit à l’écran, Adèle, l’assistante colérique de Max, et James, le DJ « beauf », ne sont pas vraiment dans le ton… Ajoutons-y un marié prétentieux, un photographe pique-assiette, un beau-frère dépressif et un extra inapte, et voilà Max expert en relations humaines ! Les petits problèmes matériels, de personnels ou d’ego émaillent l’installation et le travail de ce petit monde avec un leitmotiv : « On se calme, on s’adapte ». Et même lorsque tout semble fichu et que Max jette l’éponge, la volonté de chacun de bien faire et de sauver la fête permet un happy end un brin consensuel mais généreux.

C’est drôle, c’est cocasse et les répliques sont percutantes, mais ce n’est jamais féroce. Chaque personnage – remarquons la brillante distribution des rôles – est croqué avec humour et Max les entoure de sa bienveillance sous ses airs de barbon blasé et c’est peut-être l’image que nous garderons de Bacri.

Ce film est aussi l’occasion de se pencher sur le métier insolite de bruiteur : circulation citadine, vaisselle qui s’entrechoque, feux d’artifice…
il faut savoir que, durant le tournage, le preneur de son ne s’intéresse qu’aux voix des acteurs et l’ingénieur du son s’applique à supprimer tous les autres bruits parasites.

En post-production, le bruiteur va recréer toute l’ambiance sonore, l’accentuer, de façon à magnifier l’image.
Puis le monteur de son assemble les voix, les bruitages et la musique.

Le bruiteur recrée donc des bruits en utilisant des objets usuels, il travaille avec un monteur et « bruite » le film tout en le visionnant. Il peut aussi inventer des sons qui n’existent pas et s’aider de multiples enregistrements sonores combinés à différents logiciels.

Voir à ce propos ce petit documentaire amusant : www.youtube.com/watch?v=3EjP0VSgfZQ.

Catherine Bertrand

Actuailes n°126 - 27 janvier 2021

 



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