Vendredi 21 mars, l’armée soudanaise a repris le contrôle du palais présidentiel aux forces de soutien rapide (FSR). Ce groupe armé l’avait investi en mai 2023.
Cette avancée de l’armée soudanaise illustre la nouvelle dynamique contre les FSR. Ces derniers avaient pris l’ascendant en 2023, mais actuellement, l’armée avance dans la capitale, Khartoum, ainsi que dans l’ouest du Pays, notamment au Darfour.
Pourquoi cette guerre ?
Le Soudan était autrefois le plus vaste pays d’Afrique. Malheureusement, une guerre civile sanglante a opposé les populations noires chrétiennes et animistes du Sud du pays à l’armée du pouvoir central de Khartoum. Celle-ci était largement dominée par les Arabes. En 2011, le pays a alors été coupé en deux. La partie sud a pris son indépendance: le Soudan du Sud.
Cette indépendance, largement imposée pour mettre fin à la guerre civile, par les puissances occidentales notamment, a profondément déstabilisé les équilibres fragiles du Soudan du Nord.
En 2019, le président soudanais Omar el-Bechir (au pouvoir depuis 30 ans) fut renversé par une alliance des classes moyennes éduquées de. Khartoum, et des tribus arabes du Darfour, longtemps méprisées par les élites de la capitale. Le pays tomba alors dans l’instabilité politique, entraînant la guerre civile entre les FSR et le pouvoir central.
Aujourd’hui
Depuis deux ans, le pays est en proie à une violente guerre civile qui voit se battre les deux camps au cœur même de Khartoum. Les FSR n’ont pas abandonné l’idée de reprendre le palais présidentiel; leurs drones ont bombardé le palais tout juste repris par l’armée soudanaise, alors que les soldats étaient en plein milieu des effusions de joie fêtant leur victoire. Cette frappe a occasionné de nombreux morts et blessés dans les rangs de l’armée.
Les appuis des deux camps
Cette guerre civile est une lutte entre deux grands blocs tribaux du pays, d’un côté les FSR, composées majoritairement d’Arabes venus du Darfour, dans l’ouest du pays, et de l’autre, l’armée régulière, qui défend les intérêts des tribus arabes des bords du Nil, historiquement dominantes dans le pays.
Les deux camps bénéficient chacun d’un fort soutien de puissances étrangères: d’un côté, l’armée régulière est soutenue par l’Égypte et les États-Unis, tandis que les FSR sont soutenues par les Émirats arabes unis, la Libye du maréchal Haftar, ainsi que l’Éthiopie et la Russie.
Les FSR s’appuient en outre sur le contrôle de nombreuses mines qui leur assurent des revenus conséquents et leur permettent de financer leurs actions. Cette guerre meurtrière entraîne des exodes réguliers des populations civiles au gré de l’évolution des zones de combats. On estime à 10 millions le nombres de réfugiés et déplacés depuis 2023.
Pour aider à comprendre
L’armée soudanaise, les Forces armées soudanaises (FAS), est l’armée officielle du Soudan. C’est elle qui a pour rôle de défendre le pays et de maintenir l’ordre.
Les Forces de Soutien Rapide (FSR) sont un groupe armé au Soudan. À l’origine, elles étaient une milice appelée les Janjawids. Cette force militaire puissante, qui était autrefois une milice, affronte aujourd’hui l’armée soudanaise dans cette guerre civile.
Voir aussi l’article paru dans Actuailes n°161 du 10 mai 2023: Soudan - guerre et exode
Sacha Balbari
Actuailes n°189 - 26 mars 2025
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