Afin d’élire leurs futurs maires, les Français sont appelés à voter les 15 et 22 mars prochains à l’occasion des élections municipales.
Peut-être avez-vous reçu sur un marché ou dans votre boîte aux lettres un tract politique? Ou aperçu des affiches sur un panneau? Elles annoncent de futures élections locales où les candidats vont essayer de convaincre les électeurs de voter pour eux. Les élections municipales sont généralement plus suivies que les élections générales, car elles touchent directement les habitants autour de sujets concrets, et que les candidats sont mieux connus.
Le mode de scrutin
Ces élections visent à élire pour six années les membres du conseil municipal des 34875 communes françaises. Ces conseillers municipaux éliront ensuite leur maire, qui préside le conseil municipal, et ses adjoints. Le nombre de conseillers municipaux varie en fonction de la taille de la commune, de 7 pour celles de moins de 100 habitants, à 69 pour celles de plus de 300000 habitants.
Il s’agit d’un scrutin par listes, sur lesquelles il doit y avoir le même nombre d’hommes et de femmes. Il y a d’abord un premier tour. Si aucune liste n’y a obtenu la majorité absolue, c’est-à-dire plus de 50%, un second tour est organisé la semaine suivante. Seules les listes ayant obtenu plus de 10% des voix peuvent y participer. Elles peuvent alors intégrer des candidats d’une liste ayant fait plus de 5%, dans le cadre d’une alliance. À la ligne sans saut
Au second tour, la liste arrivée en tête obtient la majorité des sièges. Le reste est réparti proportionnellement entre toutes les listes.
À quoi sert le maire?
Le maire a beaucoup de pouvoirs. Il est chargé de maintenir la sécurité de sa commune. Il fixe également les dépenses du budget local, et signe les marchés avec des entreprises. Il est le chef des employés municipaux. Il délivre les permis de construire pour de nouvelles maisons ou des immeubles, ou des permis de démolir. Il gère les écoles maternelles et élémentaires, et les équipements sportifs. Enfin, il est officier d’état-civil pour les mariages, naissances et décès.
Les charges d’un maire sont donc nombreuses. Il se fait aider par ses adjoints, qui vont être chargés de certains domaines: écoles, sport, économie, habitat… S’il ne s’agit pas de bénévolat, leur mission est faiblement rémunérée dans les petites et moyennes communes, de l’ordre de plusieurs centaines d’euros. Le maire et ses adjoints doivent donc être retraités ou exercer un travail en parallèle. Seuls les maires de grandes villes, et leurs principaux adjoints, peuvent vivre de leurs indemnités de fonction. Sans saut de ligne
Mais ce dévouement pour le bien commun est de moins en moins valorisé. Figure autrefois respectée, le maire est malheureusement de plus en plus la cible d’agressions, de menaces et d’insultes. De surcroît, ils sont nombreux à regretter de crouler sous les nouvelles normes, souvent difficiles et absurdes à appliquer dans de petites villes. Avec à chaque fois le risque de terminer en prison ou de payer de lourdes amendes.
Enjeux locaux
Si vous lisez les programmes des candidats, vous verrez qu’ils proposent des projets que vous comprendrez aisément, car ils touchent votre quotidien. Les principaux sujets sont la sécurité, l’économie, le développement, le sport, la culture… Faut-il augmenter les effectifs de la police municipale? Interdire l’accès de certaines rues aux voitures? Arrêter un projet d’éoliennes? Avoir un nouveau terrain de football, ou un stade de rugby? Les rues sont-elles bien nettoyées? Comment attirer de nouvelles entreprises? Autant de questions qui reviennent dans les programmes et que les électeurs vont pouvoir trancher.
Enjeux municipaux, mais aussi nationaux
Ce scrutin est crucial pour les partis et leur représentation au Sénat. Les sénateurs sont en effet essentiellement élus par les conseillers municipaux. Une partie du Sénat sera renouvelée en septembre 2026. Le parti Les Républicains (LR), qui domine actuellement les municipalités, gardera-t-il son influence au Sénat? Le Rassemblement National (RN) dispose aujourd’hui de trois sénateurs, et rêve d’en obtenir 10. Tout ceci se jouera aux élections municipales.
Plus la ville est grande, plus l’enjeu de ces élections sera national pour les groupes politiques. Ainsi le RN, avec son allié UDR, espère l’emporter dans quelques grandes villes du Sud comme Nice, Toulon, Marseille, Avignon et Nîmes. Le RN nourrit également de grandes ambitions dans des villes moyennes, où il est très populaire: Carcassonne, Narbonne, Lens, Boulogne-sur-Mer, Cambrai, Calais, Draguignan, Menton… à la ligne sans saut
La France Insoumise (LFI) nourrit également de grandes ambitions dans les villes où ce parti réalise ses meilleurs scores. LFI pourrait l’emporter à Roubaix, ville du Nord de plus de 100000 habitants. Et vise également des communes de la banlieue parisienne.
Les autres partis, qui aujourd’hui détiennent la plupart des mairies, vont tenter de les conserver. C’est particulièrement le cas des LR, très concurrencés sur leur droite par le RN. Les écologistes souhaiteraient également garder les grandes villes qu’ils avaient conquises en 2020: Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Besançon ou encore Annecy.
Le cas de Paris attire de nombreux projecteurs. La gauche présente une liste unie, hors LFI, souhaitant garder le contrôle de la capitale. Mais elle est menacée à sa droite par Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture. Et plusieurs listes pourraient se maintenir au second tour, rendant le pronostic incertain.
À un mois de l’échéance, la campagne bat son plein. Dernières élections avant la présidentielle de 2027, leur résultat sera scruté avec attention pour prendre le pouls des souhaits des Français.
Le savais-tu?
D’un scrutin à l’autre
En France, les élections se font au suffrage universel direct. Cela signifie que tout citoyen de plus de 18 ans, inscrit sur les listes électorales, peut voter pour élire le président, son député ou son maire. Mais l’élection des sénateurs est différente, car ils sont élus au suffrage universel indirect. Seuls sont appelés à participer les grands électeurs, qui sont obligés de voter, sous peine d’une amende de 100€. Mais qui sont ces grands électeurs? Il s’agit des députés, conseillers régionaux et départementaux et, surtout, de conseillers municipaux qui représentent 95% du total.
Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. Le mandat d’un sénateur est donc de six ans.
Retrouvez l’article sur les élections sénatoriales dans Actuailes n°165.
https://www.actuailes.fr/page/3017/elections-senatoriales (pour l’article sur le site)
Julien Magne
Actuailes n°202 - 11 février 2026
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