Le 28 février, Israël et les États-Unis ont décidé d’attaquer à nouveau l’Iran, plongeant la région dans l’inconnu.
Cela fait suite à des négociations jugées peu concluantes visant à forcer l’Iran à abandonner son programme nucléaire, le développement de missiles et son soutien à des groupes terroristes.
L’attaque
Dans les jours précédents, les États-Unis avaient amassé une formidable puissance militaire à proximité de l’Iran. Le déluge de feu est venu du ciel avec des centaines de drones, de missiles et de bombes larguées par des avions américains et israéliens. Elles ont décapité le pouvoir iranien, tuant ses principaux chefs militaires, et surtout l’ayatollah Ali Khamenei. L’Iran est une théocratie, c’est-à-dire que le pouvoir religieux y est supérieur au pouvoir politique. Et cet ayatollah était le plus haut chef religieux, donc l’homme le plus puissant d’Iran. Ces frappes ont également visé des sites militaires. Le succès de cette attaque révèle qu’Américains et Israéliens sont très bien renseignés.
La réponse
N’arrivant pas à se protéger des menaces venues du ciel, l’Iran a multiplié les attaques contre des objectifs en Israël et dans des pays voisins. Elle a lancé des missiles et des drones, faisant de nombreux morts. Israël bénéficie d’un dôme de protection qui a bien résisté. Les pays arabes avoisinants ont été frappés à plusieurs reprises, aux Émirats arabes unis (EAU) ou à Bahreïn. Ces pays abritent des bases militaires américaines qui étaient visées. La base navale française d’Abu Dhabi a été touchée, sans faire de victimes. De nombreux touristes ont été pris au piège, les trajets aériens étant suspendus et l’aéroport de Dubaï ayant reçu un projectile. Des bases militaires américaines en Irak sont également la cible d’attaques. Les Iraniens disposent d’un gros pouvoir de nuisance s’ils bloquent le détroit d’Ormuz, par où transite 20% du pétrole mondial et du gaz liquéfié. Une flambée des prix est à attendre.
La suite
S’il est toujours facile de lancer une opération militaire, il est souvent plus difficile de la conclure. Quels étaient les buts de guerre? S’il s’agissait de décapiter la direction de l’État iranien, la mission est accomplie. Mais qui lui succèdera? Peut-être des personnes encore plus fanatiques, et pas forcément ouvertes au compromis. S’agissait-il d’exercer une pression maximale avant une reprise des négociations en privant l’Iran de capacités militaires et en inspirant la peur à ses dirigeants? À nouveau, le but est sûrement atteint. Mais ces attaques ont-elles neutralisé la recherche nucléaire iranienne? Il est difficile de le savoir.
Mais surtout, un changement réel en Iran passe par un nouveau régime. Les Iraniens auront-ils encore le courage de descendre dans les rues pour renverser le pouvoir en place? Et quelle serait l’alternative? L’Iran est un pays très divisé, et cette guerre pourrait plonger le pays dans le chaos. Peu de figures émergent dans l’opposition, celle-ci ayant été toujours persécutée par le pouvoir. De plus, l’élargissement du conflit au Liban fait craindre un risque d’embrasement de tout le Moyen-Orient. Les semaines à venir seront déterminantes pour la stabilité de cette région si stratégique.
Eric Lefort
Actuailes n°203 - 4 mars 2026
Retrouvez nos articles précédents:
Le compromis ou la guerre Actuailesn°202 – 11 février 2026
Iran: sanctions, ça «snappe» Actuailesn°195 – 25 septembre 2025
Actuailes 2026 © Tous droits réservés. Conditions d'utilisation with & by Website-modern - Se connecter