Alors que Donald Trump est empêtré dans une guerre difficile en Iran, il doit s’envoler mi-mai pour la Chine pour rencontrer le président chinois Xi Jinping. Pékin compte bien profiter de la situation.
D’un côté, le président américain Donald Trump est très occupé par le conflit militaire contre l’Iran, qui est un partenaire historique de Pékin. De l’autre, le président chinois Xi Jinping observe la situation avec calme, et cherche à apparaître comme un pôle de stabilité face à l’imprévisibilité de son rival américain.
Entre soupçons et «diplomatie du panda»
La rencontre, qui devait avoir lieu fin mars, a déjà été reportée en raison du conflit et les relations sont tendues.
En effet, Donald Trump soupçonne la Chine d'aider l’Iran en secret avec du matériel militaire ou des satellites. Il a même évoqué un «cadeau» suspect trouvé sur un cargo iranien. Pékin nie tout et préfère laisser les États-Unis s’épuiser seuls dans ce conflit, tout en jouant les médiateurs discrets, via le Pakistan, pour calmer le régime iranien.
Pourtant, Pékin s’inquiète aussi pour son énergie. Le détroit d’Ormuz, bloqué par la guerre, est vital: près de 50% du pétrole chinois y transite. Pour Xi Jinping, la priorité est de rouvrir cette route sans «lâcher» son allié iranien. Le détroit d’Ormuz doit «rester ouvert à la navigation normale», a-t-il déclaré le 20avril, trahissant sa préoccupation face à la fermeture persistante de ce passage maritime stratégique.
Pour calmer le jeu face aux tensions, la Chine a décidé d’envoyer un message apaisant original, que certains ont appelé la «diplomatie du panda». Le 24 avril, Pékin a confirmé l’envoi de deux ursidés, Ping Ping et sa compagne Fu Shuang, vers le zoo d’Atlanta aux États-Unis. C’est une façon pour les Chinois de montrer qu’ils veulent rester amis avec le peuple américain, même si les relations entre les deux gouvernements sont très tendues à cause de la guerre, et favoriser la rencontre.
La Chine en position de force
Le conflit offre aussi quelques avantages à la Chine. En étant «coincé» au Moyen-Orient, Donald Trump consomme ses munitions et porte son attention loin de l’Asie. La Chine en profite pour améliorer son image internationale face à une Amérique isolée, comme elle l’a fait récemment en annulant les droits de douane pour les pays africains, par exemple, c’est-à-dire l’argent que ces pays devaient payer pour vendre des marchandises en Chine.
Le sommet prévu à Pékin les 14 et 15 mai est donc un moment de vérité. Si la guerre nuit à l'économie chinoise, elle affaiblit surtout stratégiquement les États-Unis. La Chine joue dès lors un jeu complexe: protéger ses intérêts, éviter la guerre et renforcer son influence. Et, en arrière-plan, une question demeure: pourra-t-elle s’entendre avec les États-Unis pour stabiliser la situation?
Le savais-tu ?
Dans les années 1970, la Chine et les États-Unis ont repris contact grâce… au ping-pong! En 1971, des joueurs américains ont été invités en Chine, alors que les deux pays ne se parlaient presque plus. Ce geste simple a aidé à rétablir le dialogue… et a même préparé la visite du président américain Nixon à Pékin en 1972. On a appelé cela «la diplomatie du ping-pong».
Retrouvez l’article de la diplomatie du panda La diplomatie du Panda en Chine
Alexis
Actuailes n°206 - 8 mai 2026
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