Le pape François a une vision bienveillante de l’Afrique, mais il y a des incompréhensions.
Depuis le début de son pontificat en 2013, le pape François a porté une attention particulière à l’Afrique, un continent qu’il considère comme porteur d’espérance pour l’Église et le monde.
Des visites fréquentes…
En effet, le pape François a visité plusieurs pays africains, souvent marqués par la guerre ou des crises majeures. En 2015, il s’est rendu au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique, où il a ouvert une Porte Sainte à Bangui avant même le début officiel du Jubilé de la Miséricorde. Ce geste fort voulait montrer que la miséricorde naît là où règnent parfois la souffrance et l’injustice. Il a encouragé les Africains à être «des artisans de paix, semeurs d’espérance».
En 2019, il a visité le Mozambique, Madagascar et l’île Maurice, apportant un message d’écologie intégrale, de solidarité et d’attention aux plus pauvres. Plus récemment, en 2023, malgré des soucis de santé, il a effectué un voyage très attendu en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, deux pays marqués par des conflits. Il y a dénoncé «l’exploitation brutale» du continent et appelé à «rompre les chaînes de la violence et de la corruption».
… aux encycliques
Dans ses écrits aussi, l’Afrique occupe une place importante. Dans son encyclique Fratelli tutti (2020), sur la fraternité et l’amitié sociale, il s’inspire de l’expérience africaine du «Ubuntu», une philosophie qui affirme que «je suis parce que nous sommes». Il y parle de l’Afrique comme d’une terre qui, malgré les blessures, a tant à enseigner au monde en matière de fraternité.
Mais des incompréhensions
Cependant, certaines décisions récentes du pape ont été mal accueillies dans beaucoup de pays africains et ont choqué les fidèles. La bénédiction des couples homosexuels, autorisée sous certaines conditions par le Vatican en 2023, a suscité beaucoup d’incompréhensions. Dans de nombreuses sociétés africaines, très attachées aux valeurs traditionnelles chrétiennes, cette décision a été perçue comme une rupture avec l’enseignement classique de l’Église. Plusieurs conférences épiscopales africaines ont exprimé leur désaccord, rappelant leur fidélité à la vision traditionnelle du mariage.
La situation de l’Église en Afrique
Même s’il est difficile de résumer l’Église africaine, tant elle est diverse, il n’en demeure pas moins que, dans tous les pays africains l’Église fait preuve d’un beau dynamisme. Le nombre de prêtres africains augmente d’année en année et le nombre de fidèles est en croissance constante. Le sujet dans beaucoup de pays africains réside dans la cohabitation avec l’islam et parfois les persécutions, comme au Nigéria et dans le Sahel. Dans d’autres pays d’Afrique, l’Église assiste à une forte dynamique des églises protestantes et tente de convaincre les fidèles de l’importance d’une Église unie et de la grandeur du message catholique.
Plusieurs cardinaux africains sont considérés comme «papabili» — c'est-à-dire qu'ils pourraient être élus pape lors d'un prochain conclave. Parmi eux, on cite souvent : Peter Turkson (Ghana), Fridolin Ambongo Besungu (RDC), Dieudonné Nzapalainga (Centrafrique), Antoine Kambanda (Rwanda), Robert Sarah (Guinée).
Sacha Balbari
Actuailes n°190 - 30 avril 2025
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